Projet de loi 22-20, mais comment osez-vous?

Par Réda Dalil

L’efficacité de l’Etat dans la gestion de la parenthèse Covid-19 laissait espérer l’avènement d’une grande réconciliation entre les Marocains et leurs autorités. Que les dirigeants aient fait passer la santé des citoyens avant l’économie ne fait aucun doute. Cette priorité qui guide l’action de l’Etat depuis deux mois a construit un affectio societatis inédit. La confiance perdue, peu à peu, reprenait forme. Or, comme un horrible pied de nez à l’union sacrée en gestation, l’on apprend qu’un texte de loi comprimant la liberté d’expression sur les réseaux sociaux a été adopté le 19 mars dernier. Ce projet de loi 22-20 punit de peines pouvant aller jusqu’à 3 ans de prison et d’amendes atteignant les 50.000 dirhams, quiconque oserait, à travers un canal de diffusion digital, appeler au “boycott de certains produits, marchandises ou services à travers les réseaux sociaux, des réseaux de diffusion et réseaux similaires”. Le même projet de loi exige pour tout producteur de contenu Web, sans plus de détails, une autorisation d’exercer son métier. Il a suffi d’un leak de l’influenceur Mustapha Swinga pour que la Toile…

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