Du labeur, des larmes et de la sueur

Par Réda Dalil

L’homme est condamné à être libre. À faire des choix. Cette maxime existentialiste, née de la pensée de Jean-Paul Sartre, s’applique à ceux qui tentent de gérer une pandémie tout sauf rationnelle. Une pandémie qui impose des arbitrages incessants, basés le plus souvent sur des hypothèses instables. Faut-il faire durer le confinement au risque de mettre à genoux une économie structurellement fragile ? La santé ou les emplois ? La vie ou les salaires ? Le virus, dans sa course folle, abîme les ressorts de l’esprit rationnel. Tantôt, comme à Taïwan où au Japon, il feint d’être dompté, tantôt il se réveille avec violence, contraignant des pays jusqu’ici confiants en leur stratégie de tests massifs, à cloîtrer leur population dans d’interminables quarantaines. Pour l’instant, faisant corps contre cette manifestation cruelle du destin, le peuple marocain résiste. Chez les plus précaires, où la vie dehors est une échappatoire à la promiscuité, on accepte de s’entasser à plusieurs dans des logements exigus pour respecter les consignes. On sacrifie le petit gagne-pain pour protéger les siens et les autres. L’État essore ses capacités budgétaires pour apporter…

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