En présence de Zapatero, l'USFP propose un modèle de développement

L'Union socialiste des forces populaires a tenu ce jeudi 19 avril au Palais des congrès de Skhirate une journée d'étude consacrée à la question du modèle de développement au Maroc. Un événement auquel était convié l'ancien président socialiste du gouvernement espagnol José Luis Zapatero.

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Rachid Tniouni/telquel

Après le RNI, c’est autour de l’USFP de présenter « son » modèle de développement pour le Maroc. Placé au centre des débats publics depuis sa remise en question par le roi dans son discours d’ouverture de la nouvelle législature le 13 octobre 2017, le sujet concerne en premier lieu les partis politiques, appelés à « trouver des solutions pratiques et pragmatiques aux vrais problèmes« .

Pour « une révision du système électoral »

La « vision » du parti à la rose a été présentée par son premier secrétaire Driss Lachgar. D’après lui, la mise en place d’un nouveau projet de société devra « mettre fin aux privilèges dont bénéficient certains » qu’il ne nomme pas dans son discours.

Des privilèges qu’il conviendrait, selon Lachgar, de « redistribuer de façon équitable, en soutenant les couches sociales les plus fragiles« . Citant les références socialistes de son parti, le chef de l’USFP estime que « l’Etat ne peut faire preuve de neutralité. Il doit toujours se trouver du côté des pauvres et des opprimés ».

Membre de la coalition gouvernementale conduite par le PJD, le parti à la rose se targue d’avoir soulevé la « question centrale » du modèle de développement depuis 2008. « L’Ittihad avait particulièrement insisté sur l’investissement public et la justice territoriale lors de son 9e Congrès national », déclarait Lachgar devant ses camarades.

Sur un autre registre, l’USFP propose de « revoir l’actuel système électoral, vu les problèmes qu’il a pu engendrer, notamment à Al Hoceima et à Jerada« . Prenant l’exemple des deux villes où ont éclaté des mouvements de contestation de grande ampleur, Driss Lachgar considère qu' »une fois dans la rue, les manifestants n’ont trouvé aucun représentant capable de les encadrer« .

Il a ainsi appelé le ministère de l’Intérieur à ouvrir un dialogue « sérieux » et « immédiat » sur les lois régissant les élections, et à « ne pas attendre la veille des élections législatives en 2021« .

Pour concrétiser leur vision, les socialistes insistent sur la « démarche institutionnelle« . Elle consiste, selon le premier secrétaire du parti, à « surpasser la crise de représentativité au niveau du mode de scrutin« .

Zapatero comme invité d’honneur

À son tour, l’ancien Premier ministre espagnol José Luis Zapatero a tenu un discours. L’ex-secrétaire général du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) de 2000 à 2012 s’est d’abord exprimé sur la question de l' »intégrité territoriale » du Maroc. « C’est une condition primordiale si le Maroc souhaite réussir dans son nouveau modèle de développement« , déclare-t-il, ajoutant que « dans l’intérêt de toute la région, la communauté internationale doit comprendre que le Maroc ne peut évoluer dans la stabilité sans son Sahara« .

Zapatero a ensuite estimé que le pays vivait « un moment de débat auquel l’Union socialiste contribue de manière significative« . Pour Zapatero, le Royaume doit concentrer ses efforts sur un ensemble de domaines. Parmi elles, l’industrialisation du tissu productif. « Après le succès du secteur automobile, il est devenu obligatoire de s’ouvrir sur d’autres secteurs, notamment les énergies renouvelables où le Maroc a enregistré des avancées notables« , a-t-il notamment souligné.

L’ancien chef de l’Exécutif espagnol a également évoqué l’objectif de sécurité alimentaire « à travers le soutien des industries de transformation » et la « diversification des activités agricoles ». En ce sens, il soutient que « les besoins de consommation connaîtront inévitablement une hausse, après la constitution d’une solide classe moyenne« .

Zapatero a conclu son intervention en affirmant que la prochaine mission de l’USFP sera « de remporter les prochaines élections législatives de 2021 ». Un objectif pouvant, selon lui être réalisé « à condition que le parti arrive à rassembler toutes les forces de gauches« . Si ce vœu reste difficilement atteignable,étant donné l’actuel positionnement du parti sur l’échiquier politique marocain (l’USFP est arrivé sixième lors du récent scrutin de 2016), l’ancien dirigeant ibérique a tenu tout de même à rappeler qu’il se porterait éventuellement à la disposition de ses hôtes « pour toute aide ou assistance« .

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