Arabophones mais pas Arabes

Arabophones mais pas Arabes

Par Omar Saghi

Identifier langue, ethnie et nation est devenu courant. C’est le tissu même dont est composée la politique moderne : un Etat-nation se construit sur ce genre de substances. Et l’idée qu’un peuple parlant une même langue a quelque chose de plus primitif en partage (la race par exemple) et un projet en devenir (un Etat unifié), voilà ce qui fait le nationalisme depuis deux siècles. On comprend qu’en ce sens, identifier la langue d’un pays est un enjeu central.

Si la Syrie est arabophone, alors la Syrie est arabe, et si la Syrie est arabe, alors la Syrie doit rejoindre l’Irak, l’Egypte et les autres pour former un super-Etat. L’affaire semble d’ailleurs claire au Moyen-Orient, où l’arabophonie est très dominante. Au Maghreb, au Maroc et en Algérie en particulier, les choses se compliquent. Qui cherche à prouver l’arabité du pays doit prouver son arabophonie, ou la promouvoir. Lorsqu’on sera tous arabophones, on deviendra (enfin) tous arabes, et on pourra dès lors, sérieusement, s’occuper de la seule activité politique qui vaille dans cette partie du monde, l’unification.

Le berbérisme s’est construit en...

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