Apologie du vice

Par Mehdi Michbal

Nous vivons dans un monde où la roublardise, la théâtralité, le vice ne sont plus tolérés. Un monde où les moralisateurs sont devenus rois. Neymar en a fait les frais cette semaine. Et nous aussi. Sa roulade interminable face aux Mexicains était peut-être exagérée, mais ça lui a permis de gagner quatre minutes, d’énerver ses adversaires, de les déconcentrer. C’est vicieux. Mais ça fait partie du jeu. Et c’est ce qui le rend justement beau, plaisant, légendaire, mythologique. Le foot est un sport. Mais pas que. C’est aussi et surtout une grande scène de théâtre. Une commedia dell’arte des temps modernes. Une allégorie de la vie, où la ruse est constamment aux prises avec la probité et le vice avec la vertu. C’est pour cela qu’on l’aime. “Un match de foot, c’est regardé par des millions d’enfants… Il faut donner l’exemple”, s’indignent ces messieurs en costume-cravate, oubliant peut-être que la ruse et la triche font partie de la vie. Et qu’à moins de préparer notre progéniture à vivre dans un monde utopique, il faut bien les préparer, d’une façon ou…

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