Les prix du carburant ont augmenté de 9,1% depuis 2016 (HCP)

Le HCP a calculé que depuis 2016 et la libéralisation totale des prix du carburant, ceux-ci ont augmenté de 9,1 % en moyenne. Le litre de gasoil est quant à lui passé de 7 à 10 dirhams entre début 2016 et mai 2018.

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Le Haut-commissariat au Plan a publié le 18 juin une note sur l’impact de la variation des cours du pétrole sur l’évolution des prix des carburants depuis leur libéralisation en 2016.

Sur la forme, la collecte des prix des carburants par le HCP est « passée d’un mode centralisé à un mode de collecte auprès des distributeurs le 1er et le 16 de chaque mois, par le biais d’une enquête permanente auprès d’un échantillon représentatif des stations au niveau de chaque ville ».

Le HCP distingue trois phases dans l’évolution des prix des carburants. La période 2007 et 2011 se caractérise par une croissance des prix de 0,4%. La période de 2012 à 2015 connait la première hausse sensible de 8,3% des prix des carburants. La dernière phase correspond à la libéralisation totale du prix des carburants, soit de 2016 à aujourd’hui, qui a connu un hausse continue des prix moyens des carburants de 9,1%.

Une tendance largement tirée par les prix du gasoil puisque celui-ci est passé de 7 dirhams le litre début 2016 à 10 dirhams à fin mai 2018, note le HCP. Soit une augmentation de l’ordre de 40%.

Le HCP note qu’avec « une capacité de stockage des principaux distributeurs relativement limitée (47 jours) et une raffinerie à l’arrêt » les distributeurs sont dans l’obligation de s’approvisionner « à 100 % sur le marché international », qui rend le prix du carburant dépendant du « taux de change du dollar », des « couts de revient des importateurs, des distributeurs » ainsi que du « stockage ».

Le HCP indique aussi que les prix à la consommation du gasoil « deviennent très corrélés à partir de 2016 aux cours mondiaux du Brent » tandis que leurs variations « restent, relativement, moins corrélés ». En effet, les variations des prix du raffiné importé sont répercutées sur les prix à la pompe « avec un décalage de 15 jours ». Un décalage provenant du « temps nécessaire pour le transport, le stockage et la distribution », selon le HCP

Dans une enquête de mai 2017, TelQuel démontrait que « la hausse des prix à l’international est assumée complètement et immédiatement (ou presque) par les consommateurs, alors que dans un scénario baissier, les pétroliers vont chercher d’abord à écouler leur stock acheté à un prix élevé ».

Dans la foulée, une mission d’information parlementaire a planché sur la question des prix des hydrocarbures. Dans un rapport provisoire, cette mission est arrivée à la conclusion que les pétroliers marocains avaient engrangé 15 milliards de dirhams de marge supplémentaires facturé aux automobilistes depuis la libéralisation, révélait TelQuel en mai 2018.

Cette estimation, calculée à partir de la comparaison des prix de vente et des prix d’achats sur les marchés internationaux, avait disparu dans le rapport final présenté au parlement le 15 mai.

Le ministre démissionnaire des Affaires générales Lahcen Daoudi assure qu’il a remis le 12 juin au gouvernement un projet de règlement pour « arrêter le chaos des prix du carburant, étant donné que certaines stations de carburant ont dépassé le prix raisonnable de la vente d’essence et de gasoil pour les Marocains. » Inspiré du modèle belge, ce système de plafonnement des prix ne fait pas l’unanimité au sein du gouvernement.