Décorum et comparses

Par Aicha Akalay

A l’annonce du résultat du vote désignant l’Amérique du Nord comme organisateur de la Coupe du Monde de football 2026, les mines défaites du comité marocain étaient de piètre mise en scène. Moncef Belkhayat se tenant la tête, en témoin d’une déconvenue pourtant annoncée en off dans plusieurs médias nationaux quelques heures plus tôt. Oui, nous pouvons continuer à feindre, à nous mentir, à participer collectivement à une comédie qui vire au tragique. D’ailleurs, le Maroc a même avisé — avec une célérité inversement proportionnelle au rythme de prise de décisions majeures pour l’avenir du pays — qu’il est candidat à l’organisation de la Coupe du Monde en 2030. Mais nous pourrions aussi marquer une pause et analyser cette fièvre de gigantisme ne soufflant aucun vent neuf sur le royaume, mais réveillant des bourrasques d’incompréhension. L’ambition d’organiser une Coupe du Monde pourrait se justifier selon certains — nous l’avons même soutenue dans ces pages, plus par romantisme que par réalisme —, mais elle est indéniablement l’une des illustrations de la démesure dans laquelle verse le pays.

Aïcha Akalay
“L’expression de l’ambition d’un pays ne…

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