"Gengis Khan plus Twitter"

Trotski disait de Staline que c’était “Gengis Khan plus le téléphone.” Il visait à travers cette description burlesque le caractère monstrueux du régime qui s’installait en URSS : un mélange de barbarie “asiatique” et de dernier cri technologique. Chaque nouveau médium a son régime dictatorial ou aliénant de prédilection : la radio eut Mussolini, la télévision Berlusconi, et on peut à juste titre se demander si les nouveaux réseaux sociaux ne sont pas en train d’installer Trump en figure emblématique. Le président américain incarne la pathologie médiatique nouvelle. Son usage compulsif des nouveaux médias a déjà fait de lui une figure inquiétante et instable. Et les fuites qui entourent ses déclarations intempestives rajoutent à la confusion, entre “pays de merde” et pseudo-déclarations de guerre nucléaire. Mais, en réalité, le plus inquiétant n’est pas tant Donald Trump, ce “Gengis Khan plus Twitter”, que ce qu’il personnifie comme maladies de la démocratie américaine et, partant, comme menaces sur l’ordre mondial. Si les présidents américains ont parfois été excentriques, la fonction, par contre, ne fut pas toujours aussi puissante. Jusqu’aux années 1930, le système politique…

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