Charbons ardents

Par Aicha Akalay

Jerada bouillonne, et le parallèle avec Al Hoceïma est tentant. Les raccourcis sont là, à notre portée. Pourtant, il faut les éviter. L’État, par voie de communiqué du ministère de l’Intérieur — dommage qu’aucun responsable public n’ait le cran d’expliquer et d’assumer un débat —, accuse, sans la nommer, Al Adl Wal Ihsane (AWI) d’attiser les tensions dans la petite ville minière de l’Oriental. Ceux qui ne font plus confiance à l’État, et ils ont des arguments solides pour en être arrivés là, estiment que les autorités, encore une fois, sont à l’affût d’un prétexte pour réprimer des manifestations populaires. Le déroulé des événements permet de nuancer cette thèse, et les témoignages sur le terrain la contredisent même. Ce n’est pas sexy comme théorie, mais l’État a raison, AWI est bien tapie dans le mouvement de contestation de Jerada. Au début tout se passait bien, les gens manifestaient dans le calme, l’État les a écoutés. Ceux qui ont été désignés au sein du Hirak pour négocier avec l’État ont débuté leur mission. Puis les accusations de « vendus au Makhzen » ont fusé, et…

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Flot d'hypocrisie