El Othmani: "Il n'y a pas de gouvernement à deux têtes. Il y a un seul chef de gouvernement"

Une charte dressant les chantiers du gouvernement El Othmani et les mécanismes d'organisation, de gestion et d'évaluation de ce projet a été signée le 19 février au soir. Lors de la présentation de la charte, le chef du gouvernement a martelé qu'"il n'y a pas eu de crise au sein du gouvernement".

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Réunion des chefs des six partis de la majorité. Crédit: Rachid Tniouni / TelQuel

Après les tensions provoquées par les propos de l’ancien chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, PJD, RNI, PPS, USFP, UC et MP accordent leurs violons avec la charte des partis de la majorité gouvernementale.

Signé ce lundi 19 février au soir par les patrons des six partis de la coalition, le document esquisse le projet de société de l’exécutif, ses chantiers prioritaires et les mécanismes à adopter pour les mener à bien.

Saad Eddine El Othmani concède par ailleurs que cette charte est largement inspirée de celle de l’ancien exécutif et explique que le retard de sa présentation est dû à une question de logistique. « Au sein du PJD, il y a eu le congrès (…) et par la suite nous avons tenu à ce que les présidents des groupes parlementaires soient présents, ce qu’on a réussi à faire aujourd’hui« , déclare-t-il à la presse.

Sur les attaques formulées par Benkirane devant la jeunesse du PJD à l’encontre des chefs du RNI Aziz Akhannouch et de l’USFP Driss Lachgar, El Othmani explique: « Depuis 15 ans, je dis que le PJD n’est pas un parti stalinien. Ce n’est pas une honte que les avis et approches diffèrent. Au contraire, c’est une source positive de richesse. La différence est par contre négative quand elle verse dans les accusations et la diffamation (…) Nous sommes conscients de la nécessité des différences (…), mais ce qui nous réunit est plus fort« .

« Il n’y a pas eu de crise au sein du gouvernement (…) Beaucoup ont même parlé de l’effritement de la majorité, mais c’est faux!« , a martelé le secrétaire général de la première force politique au parlement. El Othmani a rappelé au passage qu’il n’y a « pas de gouvernement à deux têtes. Il y a un seul chef de gouvernement qui a été nommé par le roi« .

Vague dans l’ensemble, la charte du gouvernement El Othmani s’articule principalement sur « le soutien au choix démocratique, les valeurs de la transparence, la bonne gouvernance et la réforme de l’administration, la modernisation du modèle économique et de développement, et la mise en valeur de la cohésion sociale« , peut-on lire dans le document.

Le texte prévoit des mécanismes d’organisation, de gestion et d’évaluation du programme du gouvernement, dans le but d’encadrer et évaluer le travail de la coalition.

D’abord au sein du gouvernement une réunion de la présidence de la majorité se tiendra une fois tous les deux mois, en présence du chef du gouvernement ainsi que les chefs et cadres de chaque parti de la majorité afin d’évaluer le travail de l’exécutif.

La charte prévoit également de mettre en place un organisme de la majorité au niveau de chaque chambre du parlement. Ces deux entités se réuniront une fois tous les deux mois dans le but de coordonner l’action des différents groupes parlementaires de la majorité.

Les trois organismes prévus par la charte se réuniront à leur tour à chaque nouvelle session parlementaire et au moment de la présentation du projet de loi de finance.

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