PJD : Un congrès pour débuter une nouvelle ère

Les travaux du 8e congrès de la formation islamiste démarrent ce samedi 9 décembre à Rabat et devraient permettre de désigner le successeur d’Abdelilah Benkirane au poste de secrétaire général.  Un poste pour lequel aucun cadre du PJD ne s’est encore déclaré candidat alors que le chef sortant du parti a tenté une dernière fois de briguer un troisième mandat.

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Crédit: Rachid Tniouni

La salle couverte du complexe Moulay Abdellah de Rabat accueillera ce weekend l’un des événements politiques les plus attendu de l’année. Si la possibilité de reconduction d’Abdelilah Benkirane pour un troisième mandat a été définitivement écartée par le Conseil national du parti le samedi 2 décembre, l’ex chef du gouvernement semble obstiné à mettre cette éventualité à l’ordre du jour.

Preuve en est cette convocation, le jeudi 7 décembre, d’une réunion d’urgence du Secrétariat général pour débattre de l’éventualité d’un troisième mandat. A cette occasion, les partisans de l’ex chef du gouvernement souhaitaient faire valoir un argument de taille : la loi sur les partis, entrée en vigueur en octobre 2011, ne s’applique pas au premier mandat de Benkirane à la tête du parti à la lampe (de 2008 à 2012).  Autrement dit, l’actuel Secrétaire général du parti de la lampe est en droit de se porter candidat à sa propre succession, tout en se référant aux statut du parti. Le règlement intérieur du PJD exclue en effet la possibilité pour un Secrétaire général d’assurer trois mandats successifs.

La réponse de la Commission nationale d’arbitrage du parti ne s’est pas fait attendre puisque, quelques heures plus tard, elle a précisé que l’actuel Congrès sera seulement « habilité à entériner les projets inscrits à l’ordre du jour par le Conseil national« .  Dés lors, le fossé s’est creusé davantage entre partisans et opposants de l’amendement de l’article 16 des statuts internes permettant un troisième mandat du SG sortant.

Toujours est-il que ce grand rendez-vous devant déterminer la trajectoire du parti vainqueur des récentes élections législatives et communales rassemblera, selon des sources proches, 2.400 congressistes et coûtera un budget de 5 millions de dirhams.

Pas de personnalités invitées

Au programme d’aujourd’hui, les congressistes débâteront à huis clos des grandes orientations à suivre pour les quatre prochaines années. Au soir même, le nouveau Conseil national sera formé. C’est également suite à ces réunions en conclave que les Frères désigneront leurs candidats au poste de Secrétaire général. Il s’agit d’un usage ancré dans le mode de gouvernance des formations islamistes, et qui voudrait que ce soit l’assemblée – en l’occurrence le Conseil national pour le PJD – qui désigne qui seront les prétendants à la chefferie.

Suivant ce procédé, aucun cador du parti ne s’est en effet ouvertement déclaré candidat à la prise des commandes. Outre Saâdeddine El Othmani perçu comme favori vu sa position de chef de l’Exécutif, d’autres membres de son gouvernement comme Mustapha Ramid ou Aziz Rabbah sont pressentis pour succéder à Benkirane.

L’actuel Chef du gouvernement a déjà occupé ce poste entre 2004 et 2008 en remplacement du premier SG du parti, Abdelkrim Al Khatib. Ce qui n’est pas le cas de Ramid et Rabbah, représentant ce qui est désormais appelé le « courant des ministres », opposés à un troisième mandat de Benkirane. Sauf surprise donc, le nom du prochain patron du PJD ainsi que la composition du secrétariat général seront connus le dimanche après vote du nouveau Conseil national, faisant office de « parlement du parti« .

Fait notable de ce 8éme  congrès : la non invitation, comme le veut la coutume au Maroc, d’autres dirigeants politiques ou syndicaux à l’occasion de l’ouverture du congrès. Une décision sans précédent qui illustre toute la tension régnant actuellement au sein du PJD.

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