Le Maroc va former des imams directement en France

Réchauffement climatique, relations commerciales, lutte contre le terrorisme et islam du juste milieu sont au coeur de la visite de François Hollande au Maroc.

Par

Le ministre des affaires étrangères français et le ministre des Affaires islamiques marocain signent la convention sur la formation des imams. Crédit : Alain Jocard/AFP.

Le président français François Hollande a entamé le 19 septembre une « visite de travail et  d’amitié » de deux jours au Maroc, accompagné de cinq ministres, des chefs d’entreprise, l’écrivain  marocain Tahar ben Jelloun et l’humoriste Jamel Debbouze. L’AFP rapporte que le président français a déclaré à sa descente d’avion : « Je voulais que la France et le Maroc puissent entrer dans une nouvelle  phase de partenariat ». « Après une période difficile, nous avons fait beaucoup de progrès », a-t-il  souligné, faisant référence à la longue brouille diplomatique entre les deux  pays, provoquée par des plaintes pour torture visant Abdellatif Hammouchi.

La lutte contre le terrorisme est l’un des sujets majeurs de cette visite française. Mohammed VI et François Hollande ont par ailleurs décidé d’unir leurs efforts pour la formation d’imams à l’Institut Mohammed VI, ouvert en mars à Rabat. D’après l’AFP, ils ont signé une déclaration conjointe stipulant que cette formation « devra promouvoir un islam du juste milieu » conforme aux « valeurs d’ouverture et de tolérance » mais aussi « pleinement ancré dans les valeurs de la République et de la laïcité ».

Lire aussi : Qu’entend le Maroc par «juste milieu» de l’islam ?

Lire aussi : Comment le Maroc vend «l’islam du milieu» à l’international

50 imams français par an

La même agence française rapporte que selon l’entourage du président français, « une cinquantaine d’imams français » pourraient suivre chaque année dans cet institut une formation religieuse, complétée par un enseignement civique en France ou au Maroc. Concrètement, les imams seront sélectionnés selon les critères de l’Institut Mohammed VI, seront d’abord formés au Maroc, puis recevront une formation supplémentaire en France, selon les modalités arrêtées par les autorités françaises.

« C’est quelque chose de souple qui, dans le respect de la laïcité, va nous aider à développer une pratique de la religion musulmane qui soit modérée, très éloignée de tout ce qui est extrémisme et terrorisme », s’est félicité le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. Le ministre des Habous et des Affaires islamiques Ahmed Toufiq a relevé que c’était « la première fois qu’une déclaration en ce sens se soit signée entre un pays musulman et un Etat laïc » et a bien fait remarquer que « la formation d’imams au Maroc n’est pas un fait nouveau.  Or, que des imams soient formés en France, c’est là où réside toue la  nouveauté », rapporte la MAP.

Lire aussi : Le Maroc forme des militaires et imams maliens contre le terrorisme

Dimanche, place à l’économie

Le roi et le président français ont également inauguré un centre de maintenance des rames de la future ligne TGV Tanger-Casablanca. Le 20 septembre, le déplacement de François Hollande va prendre une tournure plus  économique avec des rencontres avec des chefs d’entreprises et la visite de  nouvelles infrastructures du port de Tanger. Le président français veut profiter de sa présence au Maroc pour renforcer  les liens économiques entre les deux pays.

Le patron de l'ONCF, François Hollande et Mohammed VI visitent le centre de maintenance de la future ligne TGV. Crédit : Alain Jocard/ AFP.
Le patron de l’ONCF, François Hollande et Mohammed VI visitent le centre de maintenance de la future ligne TGV. Crédit : Alain Jocard/ AFP.

Avec AFP et MAP