Affaire d'Inezgane : les deux femmes sortent du silence

Siham et Soumia, les deux jeunes femmes impliquées dans l’affaire d’Inezgane, ont publié une lettre dans laquelle elles partagent leur sentiment sur une affaire qui a pris une ampleur nationale.

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Enfin libres. Après avoir été innocentées, ce 13 juillet par le tribunal de première instance d’Inezgane, les deux jeunes filles poursuivies pour avoir porté des robes, Siham et Soumia, ont écrit une lettre de «  remerciement et de reconnaissance » parvenue à la rédaction de Telquel.ma.

Une lettre dans laquelle les deux femmes clament leur innocence et dénoncent les procédures auxquelles ont été soumises : « nous n’avons commis aucune faute  de laquelle nous sommes responsables. Nous avons pourtant été traînées en justice, en toute injustice, dans la peur et l’effroi, dans la douleur et l’émoi… ». Une expérience douloureuse durant laquelle les deux femmes ont fait l’objet de campagne atteignant à leur « dignité », leur « intégrité physique » et leur « intimité psychologique et sexuelle  » à travers notamment de « harcèlement sexuel  », des insultes et des jets de pierre.

À l’issue de cette  «  affaire d’Inezgane », Siham et Soumia ont tenu à remercier «   les associations et organismes, politiques ou civils, de défense des droits  » pour leur soutien qui leur « a permis de supporter les coups qui nous étaient assénés de toutes parts  ». Les remerciements des deux femmes vont également à la police et à la justice. Elles déplorent néanmoins, dans le cas de la justice, l’attitude du « substitut du procureur du roi » qui leur a « nui ». Elles affirment également que la hiérarchie de la police leur a « rendu justice ».

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Cette lettre des deux femmes prend également la forme d’un appel destiné aux personnes les ayant « agressées, condamnées, qui ont colporté de fausses informations à notre égard, qui nous ont jugées sans même nous entendre, qui ont travesti la réalité sans même la connaître, qui nous atteintes dans notre dignité de femmes sans même nous rencontrer » auxquelles il est demandé d’ « interroger leurs consciences ».

Enfin, les deux femmes souhaitent que la plainte déposée au parquet contre leurs agresseurs suive son cours normal afin qu’elles soient « moralement réhabilitées » et pour que les « femmes de ce pays » soient mieux considérées. A noter que cette lettre a été relayée par l’association Bayt Al Hikma.

 

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