Que retenir de la visite du roi Abdallah de Jordanie?

La visite du souverain jordanien au Maroc a été l’occasion d'évoquer les défis politiques et sécuritaires dans la sous-région.

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Abdallah II Mohammed VI à Casablanca
Crédit: AFP/Fadel Senna

Le roi Abdallah de Jordanie a achevé sa visite officielle au Maroc le jeudi 12 mars.  La venue du souverain jordanien au Maroc s’inscrivait dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, la Jordanie étant en première ligne face aux effets de « la propagation de la violence et du terrorisme en Syrie », comme l’avait indiqué Nasser Joudeh, le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères jordanien, cité par la MAP.

Lutte contre le terrorisme

A l’issue de leur tête à tête, les deux souverains ont convenu de « la nécessité de tarir les sources du terrorisme », indique un communiqué conjoint publié au terme de la visite au Maroc du roi Abdallah. Ils ont mis en avant la nécessité d’œuvrer « pour contrer ces fléaux dangereux qui mettent en péril la sécurité des pays de la région arabe, d’Afrique et du monde entier », 

Le Maroc et la Jordanie sont impliqués, à des degrés divers, dans les frappes aériennes contre le groupe État islamique (EI) en Irak et en Syrie.

En outre le Maroc a renforcé ses mesures de sécurité au cours du second semestre 2014, après avoir fait état d’une « menace terroriste sérieuse », et les démantèlements de cellules se sont accéléré. En janvier dernier, une « cellule terroriste » composée de trois membres ayant prêté allégeance à l’EI, a été démantelée à à Fnideq. Un peu plus tôt, en décembre 2014, au terme d’une opération conjointe avec Madrid, sept personnes ont ainsi été arrêtées en Espagne et au Maroc dans le cadre d’une enquête sur le recrutement de femmes devant être envoyées en Syrie et en Irak. A noter également que quelques 1 500 à 2 000 Marocains ont récemment rejoint des groupes comme l’EI, selon des chiffres officiels, et les autorités marocaines craignent en particulier leur retour dans le royaume, où ils seraient susceptibles de perpétrer des attaques.

De son côté, la Jordanie a intensifié ses raids, le 9 février dernier, en représailles à l’exécution du pilote Maaz al-Kassasbeh, brûlé vif après avoir été capturé fin décembre dans le nord syrien.

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Les deux pays ont également évoqué le cas des réfugiés syriens en Jordanie et veulent renforcer leur coopération en vue de leur apporter de l’aide humanitaire. Rabat et Amman collaborent déjà dans ce cadre avec l’installation d’un hôpital de campagne marocain par les Forces armées royales au camp Zaatari en Jordanie destiné à apporter une aide médicale aux réfugiés syriens.

Les rapports avec le Conseil de coopération du Golfe

La visite du souverain hachémite a également été l’occasion pour les deux pays d’évoquer la question de leur adhésion du Conseil de coopération du Golfe (CCG). En effet le Maroc et la Jordanie sont les deux seuls royaumes arabes à ne pas faire partie du CCG, un club resté fermé depuis sa création en 1981.

En mai 2011, dans le contexte du Printemps arabe, les dirigeants du CCG avaient un temps appelé le Maroc et la Jordanie à rejoindre leur organisation, avant de créer un fonds de cinq milliards de dollars en leur faveur. Lors de la visite du roi Abdallah, les deux pays se sont dits « favorables à toutes les initiatives tendant au renforcement de la paix et de la stabilité des États arabes du Golfe, et leur détermination à poursuivre  l’édification d’un partenariat stratégique exemplaire et complémentaire avec le CCG ».

Les entretiens ont aussi porté sur les moyens de renforcer les relations bilatérales entre les deux royaumes. Car en dépit de leurs rapports «exceptionnels», selon les termes du ministre Nasser Joudeh, et de l’existence d’un accord de libre-échange, la relation économique entre la Jordanie et le Maroc reste modeste. Les programmes de coopération évoqués par les deux souverains ne devraient cependant être adoptés que lors de la 5e Haute commission mixte maroco-jordanienne, prévue au cours de l’année 2015 au Maroc et qui sera présidée par les chefs de gouvernement des deux pays.

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