Enseignement: le FMDH divisé sur les écoles privées

Le débat sur le droit à l'éducation s'est poursuivi au FMDH. Les détracteurs de la privatisation de l'enseignement ont pointé du doigt un récent rapport de la BAD sur le secteur.

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La privatisation de l'enseignement fait débat au Maroc. Crédit: AFP
La privatisation de l'enseignement fait débat au Maroc. Crédit: AFP

Le débat sur le droit à l’éducation s’est poursuivi au FMDH. Les détracteurs de la privatisation de l’enseignement ont pointé du doigt un récent rapport de la BAD sur le secteur.

« Toute personne a droit à l’éducation. L’éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l’enseignement élémentaire et fondamental ». C’est en ces termes que la Déclaration des droits de l’Homme réaffirme le droit à l’accès à l’éducation pour tous dans son 26e article. Ce droit fondamental a fait l’objet de conférences et débats dans l’après-midi du vendredi 28 novembre au Forum mondial des droits de l’Homme qui se tient actuellement à Marrakech. Une thématique d’autant plus importante pour le Maroc que l’enseignement privé commence à y occuper une place dominante et que le phénomène divise responsables gouvernementaux, institutions et acteurs associatifs.

Vers une McDonaldisation de l’éducation ?

Durant son intervention, la députée USFP et membre de la Coalition marocaine pour l’éducation pour tous, Khadija Yamlahi, a ainsi déploré l’absence de structures favorisant le développement de l’accès à l’éducation pour tous. Pour y remédier, la députée du parti de la rose a suggéré la mise en place de structures nationales et régionales censées s’assurer que les écoles restent accessibles à tous. Elle a aussi plaidé en faveur d’une « justice scolaire » censée gérer les abus dans ce domaine.

Et pour Sylvain Aubry, chercheur spécialisé dans l’éducation et membre du Global Initiative for Economic, Social and Cultural Rights, le Maroc, en procédant à la privatisation du secteur de l’enseignement, risque de suivre les traces de deux pays : le Kenya et le Chili. Aubry explique que le pays d’Afrique australe a connu une stratification de son enseignement qui a permis la création d’une éducation low-cost similaire au « fast-food ».

Le cas du Chili, qui fait figure d’exemple pour le Maroc selon Sylvain Aubry, est également inquiétant. En effet, selon les données de l’OCDE citées par le chercheur, le Chili est le pays où les disparités dans l’éducation sont les plus importantes.

La BAD prône la privatisation, la société civile réagit

Pourtant malgré ces appels, les représentants des institutions gouvernementales ou intergouvernementales semblent pencher vers la privatisation du secteur de l’éducation. En effet, en octobre dernier, lors de l’anniversaire du cinquantenaire de la Banque africaine de développement,  le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane a fait part de sa volonté de libéraliser les secteurs de l’enseignement et de la santé.

De même, dans le rapport sur les Objectifs du millénaire 2014, la BAD − avec d’autres institutions africaines et internationales − préconise « l’accélération des investissements du secteur privé dans le domaine de l’enseignement ». L’organisation panafricaine estime que dans les pays les plus faibles, le développement du secteur privé pourrait « fournir des ressources supplémentaires nécessaires à l’extension et l’amélioration du secteur de l’éducation ».

Un rapport décrié vendredi, par 60 ONG impliquées dans le domaine de l’enseignement qui ont publié une déclaration commune. Selon cette déclaration, « les politiques de privatisation accroissent les inégalités dans l’accès à l’éducation, ne garantissent pas un enseignement de qualité et remettent en question la notion d’éducation comme bien public ».

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