Pourquoi le Blackberry Passport ne convainc pas

Avec le Passport, Blackberry tente un come-back sur le segment des smartphones pour professionnels. Réussira-t-il à faire face à une concurrence de plus en plus féroce ?

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Blackberry Passport
Blackberry Passport, dernier smartphone de la marque canadienne. Crédit : DR

Lancé en septembre 2014, le Blackberry Passport sort juste après l’annonce du bilan trimestriel de Blackberry. Si ses résultats sont relativement positifs par rapport au trimestre précédent, la firme canadienne reste toujours dans le négatif et affiche des pertes de onze millions de dollars. C’est donc dans cette conjoncture qu’elle lance sur le marché le Passport, un smartphone censé redresser la barre en s’adressant à son premier public, les professionnels. Blackberry avait essuyé un échec en essayant de faire face à Apple et Samsung avec son Z10.

Dans un premier temps, le téléphone a créé un véritable engouement médiatique. Au même moment où Samsung révèle son premier téléphone à écran incurvé et qu’Apple met sur le marché son nouvel iPhone et sa première phablette, Blackberry attise la curiosité avec un objet bien étrange qui fait fi des standards actuels en matière de smartphones : le Passport est doté d’un écran complètement carré et d’un clavier à touches, deux caractéristiques qui font de lui un produit encore plus « de niche ». Mais au-delà du buzz, le Passport pourra-il connaître le succès commercial ? Rien n’est moins sûr. Voici quatre raisons qui font que ce produit peine à convaincre :

1. Impossible de l’utiliser avec une seule main

S’il reste atypique et esthétiquement très travaillé, le Blackberry Passport n’est pas le smartphone le plus ergonomique du marché. Avec 13 centimètres de long et 9 centimètres de large, il reste difficile de l’utiliser avec une seule main. Exit alors le café matinal dans une main et le smartphone dans l’autre pour consulter ses mails, il faudra se concentrer sur le téléphone uniquement pour atteindre toutes les parties de l’écran et ne pas se risquer à le faire tomber. Car le Passport est relativement lourd par rapport à ses concurrents. Il pèse 194 grammes contre 176 pour le Galaxy Note 4 et 172 pour l’iPhone 6 Plus.

2. Il est difficile de le mettre dans sa poche

Les utilisateurs du Blackberry Passport ne pourront pas se plaindre d’un smartphone qui se tord dans les poches, à l’image de l’iPhone 6 Plus. Ils auront clairement une difficulté à le faire tenir dans leur poche. Avec ses dimensions généreuses (13 x 9 cm), le Passport préférera se glisser dans un sac à main ou la poche d’une veste, ce qui représente un réel frein de mobilité pour ses utilisateurs.

3. Visionner une vidéo sur le Passport est un exercice frustrant

Quelle idée de concevoir un smartphone à écran carré lorsque la plupart des vidéos sont en 16/9e ? Si l’écran du Passport est doté d’une luminosité qui dépasse la plupart de ses concurrents avec une résolution de 1440 x 1440 pixels, visionner une vidéo en plein écran reste peu convaincant vu que la majeure partie de l’écran reste noire. Idem pour les photos et les jeux vidéo.

4. Une concurrence plus attrayante

En souhaitant s’adresser à un marché corporate, Blackberry oublie que cet argument de vente est totalement obsolète en 2014 puisque ses concurrents allient très bien les fonctionnalités destinées à un usage professionnel et de divertissement. Le Samsung Galaxy Note, à titre d’exemple, allie les deux avec brio en proposant des fonctionnalités beaucoup plus attrayantes : stylet facilitant la prise de note, écran plus ergonomique, plus d’applications sur le Google Play (le Blackberry reposant sur l’App Store d’Amazon, nettement moins fourni) et un volet divertissement en parallèle qui en fait une phablette multi-usages. Aujourd’hui, parcourir ses mails avec fluidité et assurer une connexion fluide de navigation n’est plus un argument de vente qui se tient. Android et iOS le font tout aussi bien en offrant plusieurs fonctionnalités en parallèle.

Visionnez aussi la réaction de six personnes au dernier smartphone de Blackberry :

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