Comment le Coran a-t-il été rassemblé ?

Comment le Coran a-t-il été rassemblé ?

Pendant les vingt-deux ans qu’a duré « la descente » de la révélation et sa réception par le prophète Mohammed, personne n’a songé à rassembler le texte coranique dans un seul livre, un codex  (Moushaf) qui regroupe les fragments qui le composent. Le prophète demandait à un groupe de scribes de transcrire « l’inspiration » divine, mais sans jamais la recueillir dans un seul livre. Le Coran était dispersé en feuillets, parchemins, mais surtout transmis de manière orale par les compagnons du prophète. Selon certaines sources historiques, Aïcha, l’épouse de Mohammed, a gardé chez elle des feuillets contenant une partie du texte coranique. C’est ce document qui servira plus tard de référence aux personnes qui auront pour mission de rassembler le Coran, pour vérifier et corriger les versions recueillies.

Après la mort du prophète, la nécessité devient de plus en plus grande de collecter les parties éparses et parer à la prolifération de versions différentes du texte sacré de l’islam. Abou Bakr, le premier calife, demande alors à Zayd Ibn Thabit, l’un des scribes du prophète, de mener une opération de collecte des fragments du Coran. À partir de matériaux de fortune (parchemins, feuillets, branches de palmiers…) et surtout en s’appuyant sur la mémoire des compagnons du prophète, Zayd réussit à établir un seul document. Pour réussir son travail, Zayd exigeait deux témoins pour recueillir et transcrire un verset ou une sourate. Des récits rapportent que certains versets n’ont pas été retenus, car ils ont été rapportés par une seule personne.

C’est ainsi que certains grands exégètes et historiens, comme Al Qortobi et Al Sayouti, expliquent sans ambages que des versets du Coran ont été perdus lors de cette opération. Après la mort d’Abou Bakr, son successeur Omar poursuivra la mission de rassembler le Coran. Le document qui résulte de ce travail sera conservé chez Hafsa, fille de Omar et veuve du prophète. C’est le calife Othmane qui récupère le manuscrit et ordonne d’établir un livre de référence, qui sera distribué dans toutes les régions du jeune empire musulman. La langue de la tribu de Qoraïch a été choisie comme langue de référence. Le but de cette précision est de mettre fin aux divergences de lecture et de récitation du Coran qui commençaient à faire surface. Le calife Othmane ordonne alors de brûler tout autre Moushaf ou recueil coranique déjà existant. Malgré cela, d’autres compilations du Coran ont continué à circuler plusieurs années après cette décision de Othmane. C’est le cas par exemple de la recension d’Abou Moussa et d’Ibn Massoud. Ces deux documents différaient du livre recueilli par le calife Othmane, au niveau du nombre de sourates, de leur ordre et parfois même de leur contenu. Le Coran, tel que nous le connaissons aujourd’hui, n’a été stabilisé et totalement unifié que sous le calife omeyyade Abdelmalik Ibn Marouan, en 695, plus de soixante ans après la mort du prophète Mohammed.

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