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L'Arabie saoudite et ses alliés rompent avec le Qatar, accusé de "soutenir le terrorisme"

L'Emir du Qatar, Sheikh Tamim bin Hamad Al-Thani, pendant le sommet du Conseil de coopération du Golfe à Doha le 9 décembre 2014 (AFP Photo/Marwan Naamani)
L'Arabie saoudite et ses alliés rompent avec le Qatar, accusé de "soutenir le terrorisme"
juin 05
10:22 2017
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Séisme diplomatique au Moyen-Orient : trois Etats du Golfe, dont l'Arabie saoudite, l'Egypte ont rompu le 5 juin avec le Qatar, accusé de soutenir le "terrorisme". Ils ont décidé de l'isoler en fermant leurs frontières avec ce riche émirat.

Le Qatar se retrouve isolé sur la scène internationale après une vague de rupture de relations. L'Arabie saoudite, le Bahreïn, les Emirats arabes unies (EAU), l'Egypte, la Libye et le Yémen. Tous accusent Doha de "soutenir le terrorisme".

En face, le Qatar a réagi avec colère en accusant ses voisins du Golfe de vouloir le mettre "sous tutelle" et de l'étouffer économiquement. La Bourse de Doha a chuté de 8% à l'ouverture des transactions.

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La rupture des relations, annoncée avant l'aube le 5 juin, intervient 15 jours après une visite à Ryad de Donald Trump qui avait exhorté les pays musulmans à se mobiliser contre l'extrémisme. Elle a provoqué une réaction mesurée de Washington qui a invité les pays du Golfe à rester "unis".

"Soutien au terrorisme"

Le Qatar, qui se targue de jouer un rôle régional et d'avoir été choisi pour organiser le Mondial-2022 de football, a également été exclu de la coalition militaire arabe qui combat des rebelles pro-iraniens au Yémen. Cette dernière mesure a été saluée par le gouvernement du président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi qui a aussi rompu avec Doha. Il l'accuse de soutenir - malgré sa participation à la coalition arabe - ses adversaires, les rebelles Houthis.

Cette crise diplomatique est la plus grave depuis la création en 1981 du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui regroupe l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Koweït, Oman et le Qatar.

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Ryad, Abou Dhabi et Manama ont justifié la rupture de leurs relations diplomatiques avec le Qatar par son "soutien au terrorisme", y compris Al-Qaïda, le groupe Etat islamique (EI) et la confrérie des Frères musulmans. "Le Qatar accueille divers groupes terroristes pour déstabiliser la région, comme la confrérie des Frères musulmans, Daech (acronyme en arabe de l'EI) et Al-Qaïda", a souligné Ryad.

Selon l'Arabie, Doha soutient aussi "les activités de groupes terroristes soutenus par l'Iran dans la province de Qatif (est)", où se concentre la minorité chiite du royaume saoudien, ainsi qu'à Bahreïn, secoué depuis plusieurs années par des troubles animés par la majorité chiite de ce pays. Ryad et Téhéran ont rompu leurs relations diplomatiques en janvier 2016 à la suite de l'exécution d'un chef chiite en Arabie.

Réaction du Qatar

Le Qatar a rejeté une décision "injustifiée" et "sans fondement". Elle a été prise "en coordination avec l'Egypte" et a un "objectif clair: placer l'Etat (du Qatar) sous tutelle, ce qui marque une violation de sa souveraineté" et est "totalement inacceptable", a affirmé le ministère des Affaires étrangères à Doha. Le Qatar "n'interfère pas dans les affaires d'autrui" et "lutte contre le terrorisme et l'extrémisme", a-t-il précisé. L'émirat prendra "les mesures nécessaires pour mettre en échec les tentatives d'affecter sa population et son économie", a ajouté le ministère.

Les grandes compagnies aériennes Emirates, de Dubaï, et Etihad, d'Abou Dhabi, ont annoncé la suspension de tous leurs vols vers et en provenance du Qatar à partir du 6 juin au matin "jusqu'à nouvel ordre". Les diplomates du Qatar ont 48 heures pour quitter leurs postes dans ces pays. Les citoyens qataris ont pour leur part 14 jours pour partir d'Arabie saoudite, des Emirats et de Bahreïn, et les ressortissants de ces trois pays se voient interdire de se rendre au Qatar. L'Egypte a annoncé la fermeture des frontières "aériennes et maritimes" avec le Qatar qui, selon son ministère des Affaires étrangères, "insiste à adopter un comportement hostile vis-à-vis" du Caire.

Escalade des tensions

Cette crise intervient alors que les autorités qataries ont affirmé la semaine dernière avoir été victimes de "hackers" ayant publié sur le site internet de l'agence de presse officielle QNA de faux propos attribués à l'émir cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani.

Ces propos controversés rompaient avec le consensus régional sur plusieurs sujets sensibles, notamment l'Iran, vu comme un allié stratégique alors qu'il vient d'être accusé par l'Arabie saoudite d'être "le fer de lance du terrorisme". Ils contenaient aussi des commentaires négatifs sur les relations entre l'administration de Donald Trump et le Qatar, pourtant un proche allié des Etats-Unis.

La visite du président Trump à Ryad, son premier déplacement à l'étranger, avait été couronnée par la signature d'un accord sur "une vision stratégique" pour renforcer les relations économiques et de défense entre le royaume saoudien et les Etats-Unis.

Dans un discours le 21 mai à Ryad devant des dirigeants du monde musulman, M. Trump avait appelé à "chasser" les extrémistes et "les terroristes", en référence aux groupes jihadistes, auteurs d'attaques dans plusieurs pays. Il avait aussi demandé à la communauté internationale "d'isoler" l'Iran. Le Qatar s'est plaint d'être victime d'une campagne hostile, notamment aux Etats-Unis, concernant son soutien présumé aux groupes islamistes.

La dernière crise ouverte dans le Golfe remonte à 2014 lorsque trois pays du CCG (Arabie, Bahreïn et Emirats) avaient rappelé leur ambassadeur à Doha pour protester contre le soutien présumé du Qatar aux Frères musulmans.

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