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Menacé de mort pour ses propos sur l'Islam, Abou Hafs reste serein

Mohammed Abdelouahab Rafiki alias Abou Hafs © Yassine Toumi 1
Menacé de mort pour ses propos sur l'Islam, Abou Hafs reste serein
avril 20
17:23 2017
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Depuis son passage sur 2M où il a appelé à l'ouverture du débat sur l'héritage en islam, Mohamed Abdelouahab Rafiki, aussi connu sous le surnom d'Abou Hafs, a fait l'objet de menaces de mort.

Depuis son passage sur le plateau de l’émission Confidences de presse diffusé sur la chaîne 2M le 16 avril, Mohamed Abdelouahed Rafiki alias Abou Hafs est sous le feu des critiques. On lui reproche notamment d'avoir appelé à une relecture des textes religieux et à l’ouverture d'un débat sur la question de l’héritage dans l’islam. Une sortie qui a valu à Rafiki et sa famille des menaces proférées par certaines voix au sein des milieux salafistes.

Malgré cela, Abou Hafs, ancien membre de la mouvance salafiste, semble serein. "D’autres avant moi ont subi les mêmes menaces et il ne leur est arrivé rien de mal", nous confie-t-il, assurant qu'il n'envisage pas de porter plainte. "Je m’efforce de considérer qu’il ne s’agit que de réactions sur Facebook. Je ne pourrais d’ailleurs pas dire si elles sont sérieuses ou pas", poursuit-il.

Menacé de mort

La sortie de l'ancien cheikh salafiste a beaucoup fait parler sur les réseaux sociaux. Quelques heures après son passage à la télévision, le site Howiyapress, réputé proche des milieux fondamentalistes, publie un article intitulé: "Sur les pas de Lachgar, Abou Hafs demande l’égalité en héritage". Un titre élude la position d’Abou Hafs qui avait appelé lors de son intervention télévisée à "l’ouverture d’un débat sérieux sur l’héritage".

L'article, relayé sur les réseaux sociaux, a fait réagir plusieurs figures du salafisme marocain. Sur Facebook, Mohamed Fizazi déclare notamment qu’Abou Hafs "a non seulement retourné sa veste, mais l’a déchirée". De son côté l’ancien compagnon de cellule d’Abou Hafs, le cheikh Hassan Kettani, le qualifie "d’insolent". Son frère, Hamza Kettani, a tout simplement excommunié Abou Hafs. "Le texte relatif à l’héritage n’est pas sujet à interprétation. Il est le résultat d’un modèle familial adopté dans l’islam. L’appel au changement de ce modèle et le fait de l’assimiler à une injustice équivalent à accuser Dieu de cette injustice. C’est une attitude de mécréant", peut-on lire sur le profil de Hamza Kettani. D’autres commentateurs sur les pages de Fizazi et Kettani se sont montrés plus violents envers l’ancien salafiste, certains appelant carrément à son assassinat.

Mais Abou Hafs n’est pas isolé. Dans un élan de solidarité sur les réseaux sociaux, le directeur du centre de recherche Al Mizane a bénéficié du soutien d’intellectuels comme Salah El Ouadie, Said Lakhal et Said Nachid. "C’est ce genre de réactions qui me permet de rester optimiste et de persévérer", nous confie Abou Hafs.

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