essentiel

Abou Hafs appelle à « un débat sérieux » sur l’égalité dans l’héritage

Abou Hafs © Yassine Toumi
Abou Hafs appelle à « un débat sérieux » sur l’égalité dans l’héritage
avril 16
11:56 2017
Partager

L'ancien détenu salafiste estime qu'un "ijtihad" dans le domaine de l’héritage est nécessaire en raison de l’évolution de la situation de la femme.

Dans l’ouvrage « Les hommes défendent l’égalité en héritage »,  la galeriste Hakima Lebbar donne la parole à 100 hommes qui s’expriment sur la question de l’héritage dans l’islam. Parmi les personnes choisies pour participer à la rédaction de ce recueil, l’ancien détenu salafiste Mohamed Abdelouaheb Rafiki plus connu sous le nom d’Abou Hafs qui appelle à un ijtihad dans le domaine de l’héritage.

Dans sa tribune, l’ancien salafiste, qui dirige le centre des recherches et d'études "Al Mizane" sur les questions d'extrémisme, plaide tout d’abord pour un ijtihad « effort de réflexion, ndlr) sur la religion. Une réflexion qui, selon Abou Hafs,  ne doit pas concerner « les pratiques religieuses » comme la prière ou encore le jeûne, mais les codes régissant « les interactions en société ».  Celui qui est également membre de l’Istiqlal estime que l’ijtihad permet de « protéger la religion » et d’éviter que celle-ci ne soit enlisée « dans une stagnation » qui engendrerait des « complications ». Pour Abou Hafs, l’ijtihad constitue également une « protection » pour les croyants qui pourraient chercher des réponses à certaines interrogations « ailleurs ».

Pour étayer son propos, l’ancien détenu salafiste affirme que l’islam a rendu « plus raisonnables, justes et compatibles » des « coutumes » datant de l’époque préislamique. Dans ce sens, il estime que l’évolution « des législations et de leur mise en adéquation à une réalité changeante » permettrait « de rester fidèle » à l’esprit de l’islam. En raison des « changements » qu’a connus la situation de la femme depuis l’avènement de l’islam, sur les plans «  culturel, économique, social et politique » , Rafiki estime qu’une « relecture des textes prenant compte de ses nouveautés » s’impose.  L’ancien détenu salafiste précise néanmoins que l’ijtihad dans le domaine de l’héritage ne signifie pas un « changement immédiat des lois ”, mais  l’ouverture d’un « débat sérieux ».

 

 

Tags
Partager

Lire aussi

Nous suivre

Retrouvez le meilleur de notre communauté

facebook twitter youtube instagram rss