Maroc

Imbroglio autour de l'élection des instances du parlement

Abdelilah Benkirane. Crédit : Tniouni
Imbroglio autour de l'élection des instances du parlement
janvier 13
10:57 2017
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Les partis représentés au parlement se réunissent aujourd'hui pour trouver une issue à une crise inédite dans l'histoire politique du royaume: l'élection des instances du parlement alors que l'exécutif n'est toujours pas formé. 

Le chef du gouvernement désigné, Abdelilah Benkirane, et le doyen des parlementaires, Abdelwahed Radi, devraient rencontrer les secrétaires généraux de tous les partis représentés au parlement ce vendredi à 17h, au siège de la primature à Rabat à la demande du roi Mohammed VI, nous confirment plusieurs sources partisanes. A l'ordre du jour: trouver une formule qui permet d'élire les instances du parlement, alors que la crise gouvernementale persiste et qu'aucun exécutif n'a été formé plus de trois mois après la désignation de Benkirane comme chef du gouvernement.

Cette situation impacte notamment le vote du projet de loi 01-17 qui permettra au Maroc de rejoindre l'Union africaine (UA). Mohammed VI avait lui-même appelé  le parlement à "accélérer" le processus l'adoption de l'acte constitutif de l'UA, lors du Conseil de ministres qu'il a présidé le 10 janvier.

Lire aussi : Mohammed VI appelle le Parlement à "accélerer" l'approbation de l’acte constitutif de l’UA

Tout s'est emballé depuis. Des membres du PJD ont publiquement exprimé leurs inquiétudes. Abdelali Hamieddine, membre du secrétariat général du parti à la lanterne, a par exemple mis en garde contre une intégration du PAM dans la formation d'une majorité parlementaire. Abdelilah Benkirane a rapidement réagi, intimant l'ordre aux militants de son parti d'observer le silence médiatique en cette période de délicates négociations. Le 12 décembre, le secrétariat général du PJD s'est réuni et a accordé une dérogation à Benkirane pour "accélérer la formation des instances de la Chambre des représentants". 

Il s'agit aujourd'hui de trancher une épineuse question juridique qui ne s'est jamais posée dans l'histoire politique du Maroc. Pour qu'elle soit adoptée, la loi 01-17 doit passer par le bureau de la Chambre des représentants, puis par la commission spécialisée. Elle doit enfin être votée en séance plénière. Autant d'instances qui n'ont pas été mise en place pour cette législature.

Il existe deux défis, nous résume une source partisane en off : "le doyen des parlementaires, en tant que président provisoire, a la possibilité de convoquer les élus, mais il ne peut pas appeler au vote. Aussi, selon la loi, la commission de la justice, de la législation et des droits de l'Homme est présidée par l'opposition". Justement, il n'y a encore officiellement ni opposition, ni majorité.

Il faut donc un consensus entre les partis politiques pour surmonter cette situation, notamment concernant  l'identité du président qui sera choisi. Abdelilah Benkirane a contacté Aziz Akhannouch, président du RNI, pour lui proposer de prendre la présidence, mais ce dernier a décliné l'offre. Le nom de Habib El Malki (USFP) revient avec insistance, mais n’est pas accueilli avec enthousiasme au niveau du PJD, du PPS et de Istiqlal qui selon nos informations, comptent "peser en bloc, voire proposer un candidat". "Il est impossible de confier la présidence du parlement à un parti qui a recueilli une quinzaine de sièges", tranche Nourredine Moudiane, ancien président du groupe parlementaire de l'Istiqlal, catégorique. Le RNI compte "voter pour le meilleur candidat, quelle que soit son appartenance politique", comme nous avait assuré une source au parti de la colombe. 

Malgré leurs divergences, les partis sont quand même appelés à trancher. Si les négociations avancent, une première séance du parlement pourrait se tenir dès dimanche, ou mardi au plus tard, nous assurent nos sources.

 

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