Le hackathon 2026 a couvert les douze régions du royaume pendant le mois sacré de ramadan. Crédit: DR

Hackathon “RamadnIA” : l’intelligence artificielle au service des besoins des régions

Organisé pendant le ramadan 2026 dans les douze régions du royaume, le hackathon “RamadnIA” a réuni étudiants, jeunes professionnels, porteurs de projets et entrepreneurs autour de défis concrets liés aux réalités des territoires. Le programme a fait émerger des solutions d’intelligence artificielle répondant à des besoins clairement identifiés.

Par

Le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration avait annoncé, le 13 mars dernier, l’organisation du hackathon “RamadnIA” comme un événement dédié à l’innovation dans le domaine de l’intelligence artificielle.

Dès le lancement, le cadre a été clairement défini. L’objectif était de mobiliser les jeunes talents et les compétences intéressées par l’intelligence artificielle. Les participants ont travaillé collectivement sur des défis à caractère opérationnel, liés à l’intérêt général et inscrits dans une logique de responsabilité et d’impact positif.

à lire aussi

Le programme a ainsi relié l’intelligence artificielle à des besoins précis, à des usages utiles et à des problématiques ancrées dans le terrain.

l Équité territoriale

Le programme reposait sur quatre composantes. D’abord, le traitement de défis liés à des problématiques locales réelles. Ensuite, l’accompagnement par des experts en intelligence artificielle, en développement de produits et en entrepreneuriat. Le ministère a aussi misé sur le travail en équipes pluridisciplinaires afin de favoriser le partage d’expériences et de compétences. Enfin, les équipes devaient présenter leurs projets, avec l’attribution de prix pour les meilleures solutions.

Le hackathon 2026 a couvert les douze régions du royaume pendant le mois sacré de ramadan. Le ministère a ainsi ouvert l’exercice à l’échelle nationale et fait remonter des projets liés aux besoins propres à chaque territoire.

Les thèmes retenus dans les différentes étapes du programme le montrent clairement. Dans certaines régions, les travaux ont porté sur la mobilité intelligente, l’environnement et la qualité de l’air, l’énergie, les espaces verts, le tourisme et la valorisation du patrimoine, l’accès à l’eau et à l’assainissement, la digitalisation des services publics, l’inclusion numérique, la gestion des déchets et l’amélioration de la qualité de vie.

D’autres régions ont fait émerger des priorités plus spécifiques. À Drâa-Tafilalet, par exemple, la question de l’eau a occupé une place importante. À Souss-Massa, l’agro-industrie et la pêche ont constitué des axes de travail. À Marrakech-Safi, le patrimoine a figuré parmi les thèmes mis en avant. À Dakhla, les défis ont aussi porté sur l’e-santé, l’inclusion financière, les services numériques et l’économie verte.

l Des projets jugés sur leur utilité

Le ministère a demandé aux participants au hackathon “RamadnIA”de partir de problématiques locales réelles. Ce choix a directement influencé la nature des projets distingués

Le ministère a demandé aux participants de partir de problématiques locales réelles et ce choix a directement influencé la nature des projets distingués. À Marrakech-Safi, l’étape organisée à Essaouira a récompensé trois solutions.

Le prix d’excellence régionale est allé à Smart Recruit, une plateforme de recrutement fondée sur l’intelligence artificielle, capable d’automatiser l’identification, la recherche et la sélection des candidats, notamment à travers l’analyse des CV.

Le prix de l’innovation a distingué Oued-Vigilance, une plateforme d’alerte précoce face aux risques de catastrophes naturelles, construite autour de la collecte, de l’analyse et de la modélisation de données environnementales. Le prix Impact est revenu à Aïn Sight, une solution numérique qui exploite l’IA pour transformer des données relatives aux ressources hydriques souterraines en recommandations agricoles adaptées.

À Dakhla, TalibWay a été mis en avant comme une plateforme numérique d’orientation scolaire basée sur l’IA. À Tanger, le Grand Prix régional a récompensé Ichara, un projet de traduction du langage des signes en darija écrite.

Les jurys ont retenu des projets directement liés à des besoins compréhensibles et à une utilité immédiate.

l Une suite pour les meilleures équipes

Le ministère a aussi donné au hackathon une perspective au-delà de la compétition elle-même. Les meilleures équipes ne devaient pas s’arrêter à la présentation finale. Elles étaient appelées à bénéficier de programmes d’incubation, d’encadrement et de mise en relation avec des partenaires institutionnels et économiques.

Cet aspect éclaire la place du hackathon dans l’agenda du ministère. “RamadnIA” s’inscrit donc dans une démarche visant à renforcer l’innovation responsable, à encourager l’usage de l’intelligence artificielle au service du développement et à consolider la culture du travail collectif et de la participation citoyenne.

l Un maillon de l’écosystème “AI Made in Morocco”

Le ministère a aussi relié l’initiative à “AI Made in Morocco” et à la dynamique engagée autour de l’intelligence artificielle dans le royaume. Le hackathon intervient à un niveau précis de cette séquence. Il ne traite pas des centres de données, du cloud ou des grands partenariats technologiques, mais agit plus près du terrain. Il mobilise des talents, produit des prototypes, sélectionne des équipes et alimente un vivier de solutions pouvant ensuite être orientées vers des dispositifs d’accompagnement plus structurés.

La clôture nationale a confirmé l’ampleur de la mobilisation. Selon les chiffres communiqués à Rabat, le hackathon a réuni un grand nombre de participants issus des douze régions du royaume.

Au final, “RamadnIA” a rempli plusieurs fonctions simultanément. Le programme a mobilisé de jeunes talents et des compétences intéressées par l’intelligence artificielle.

Il les a mis au travail sur des défis concrets à caractère opérationnel et a fait émerger des solutions liées à des problématiques locales réelles. Il a aussi permis de distinguer les projets les plus solides et d’ouvrir, pour eux, une perspective d’incubation et de développement.

à lire aussi