Le programme entend répondre à un déséquilibre structurel : l’Afrique produit près de 15 % du café mondial mais en capte moins de 10 % de la valeur finale, près de 80 % des volumes étant exportés en grains verts non standardisés, et le cultivateur ne percevant qu’entre 1 et 10 % du prix final. African Coffee Hub se positionne sur la consolidation des origines, l’harmonisation qualité, la traçabilité numérique, le blending, le packaging et la logistique export depuis Tanger Med.
Une première vague de Memorandums of Understanding a été signée avec les ministres de l’Agriculture de la Sierra Leone, de la Guinée — accompagné de son homologue des Finances — et de Madagascar, ainsi qu’avec Banta African Coffee Ltd en Ouganda, dirigée par M. Nzeire Kaguta, frère du Président de la République. La Sierra Leone ouvre par ailleurs la voie à un financement structurant de 65 M$ dédié à l’agribusiness national, à travers le programme Feed Salone, et met en avant le café Stenophylla, variété rare résistante à la chaleur.
Le Nigeria s’engage pour sa part, à travers la société AGARA, en mobilisant 2 000 hectares au bénéfice d’African Coffee Hub et en mettant à disposition 1 000 m² au profit de l’OCI et de la BID pour la construction du plus grand centre de recherche dédié au café en Afrique, placé sous le management et la supervision d’African Coffee Hub.
Au total, huit nations sont mobilisées — Sierra Leone, Guinée, Madagascar, Ouganda, Togo, Cameroun, Côte d’Ivoire et Royaume du Maroc — auxquelles s’ajoute l’engagement structurant du Nigeria via AGARA, couvrant l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale, l’Afrique de l’Est et l’océan Indien.
Le Maroc, qui ne produit pas de café, s’intègre à la chaîne de valeur continentale comme maillon complémentaire et essentiel, chargé du tri, de l’agrégation, du contrôle qualité, du blending, de la traçabilité numérique et de l’accélération de l’accès du café africain aux marchés finaux d’Europe et d’Amérique du Nord. Le positionnement s’appuie sur la puissance logistique de Tanger Med, l’expertise agronomique d’OCP Africa et le capital diplomatique du Royaume sur le continent.
L’architecture institutionnelle repose sur trois piliers de la BID : sectoriel, avec la transposition au café de l’expertise éprouvée sur le riz, le manioc, le coton et les céréales ; financier, à travers la mobilisation de l’ITFC, de l’ICIEC et de l’ICD ; et inclusif, avec une microfinance ciblant coopératives, PME, femmes — qui représentent plus de 60 % de la main-d’œuvre — et jeunes ruraux. L’IOFS, l’ICDT et OCP Africa apportent des contributions complémentaires, dans le cadre réglementaire de la ZLECAf.
Le marché mondial du café est estimé à 245,2 Md$ en 2024 et projeté à 380 Md$ en 2034, soit un TCAC de 4,5 %. La filière fait vivre 100 millions de personnes, dont 12 à 15 millions de petits exploitants directement engagés dans la culture.
« Il s’agit non seulement d’un rééquilibrage économique, mais aussi de la répartition du pouvoir », déclare Sanae Benabdelkhalek, Présidente d’African Coffee Hub.
