Rabat : une convention de 400 millions de dirhams provoque un clash au Conseil de la ville

Des sifflets et du vacarme ont marqué l’intervention d’Omar El Hyani, conseiller de la Fédération de la gauche démocratique (FGD), lors de la session de mai 2026 du Conseil de la ville de Rabat. Il évoquait alors “une convention entre la Commune de Rabat et la société Rabat Région Aménagement, dont le conseil d’administration est présidé par le wali de la région Rabat-Salé-Kénitra, prévoyant le transfert de 400 millions de dirhams du budget de la commune pour la réalisation de projets d’aménagement dans la ville”.

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Dans son intervention, prononcée dans une atmosphère tendue après avoir appelé la présidente du Conseil de Rabat, Fatiha El Moudni, à faire respecter l’ordre dans la salle, Omar El Hyani a affirmé que “cette convention est floue et ambiguë concernant les compétences des autres parties, notamment celles de la société Rabat Région Aménagement”.

Il a ajouté que “la commune accordera un montant de 400 millions de dirhams, mais en contrepartie, il n’existe aucune liste claire des projets que réalisera Rabat Région Aménagement avec cette enveloppe financière”, critiquant ce qu’il considère comme un manque de transparence dans la définition de la nature des interventions financées par le budget du conseil.

Alors que les sifflets et les cris s’intensifiaient dans la salle, El Hyani a insisté sur le fait que “l’objectif est simplement de demander de la clarté et la présentation de la liste des projets qui bénéficieront de ce financement public”, dans un contexte qu’il décrit comme marqué par l’absence de données suffisantes sur les modalités de dépense de ces crédits.

Dans une publication ultérieure, il a indiqué avoir voté contre la convention, tandis que les autres composantes présentes lors du conseil ont voté en sa faveur, notamment le Rassemblement national des indépendants (RNI), le Parti authenticité et modernité (PAM), l’Istiqlal, le Parti de la justice et du développement (PJD) et l’Union socialiste des forces populaires (USFP). Seule la Fédération de gauche s’y est opposée.

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Il a également indiqué avoir publié des vidéos de son intervention, ainsi que d’autres séquences documentant, selon lui, le niveau de vacarme et de désordre dans la salle. Il a estimé que “certaines personnes étrangères au conseil ont été spécialement amenées pour perturber les interventions de la Fédération de gauche et tenter de les empêcher de prendre la parole”, selon ses termes, tout en relevant l’absence d’intervention de la présidence de séance ou du représentant du wali pour appliquer les dispositions du règlement intérieur.

Dans ce contexte, le secrétariat provincial de la Fédération de la gauche démocratique à Rabat a dénoncé le “comportement de certains membres du public”, qui auraient délibérément interrompu l’intervention du conseiller Omar El Hyani par des sifflets, des cris et des menaces, considérant que cela a porté atteinte au bon déroulement des travaux du conseil dans la capitale.

Le secrétariat provincial a fait porter “l’entière responsabilité” à la présidence du Conseil de la ville de Rabat, l’accusant d’avoir renoncé à ses prérogatives de maintien de l’ordre afin de garantir le déroulement des séances conformément à la loi organique 113.14, et de ne pas avoir activé les dispositions relatives à la “police de séance” pour préserver l’ordre public dans la salle et faire face au désordre et aux interruptions.

La Fédération de gauche s’est interrogée sur les raisons de l’absence de toute mesure réglementaire contre ceux qui ont poursuivi le désordre pendant l’intervention de son conseiller. Elle a appelé la présidence du conseil à garantir la sécurité des élus et à leur permettre d’exercer leurs missions constitutionnelles et légales, au service des habitants de Rabat dans leurs différentes composantes politiques.