Ce qui se tente → La Bourse de Casablanca veut séduire les PME

La Bourse de Casablanca et Maroc PME ont signé une convention-cadre pour rapprocher les TPME du financement boursier. L’accord s’articule autour de trois axes : orientation des entreprises à fort potentiel, formation aux exigences de gouvernance et de transparence, et promotion conjointe via des rencontres régionales.
L’initiative s’inscrit dans le Pacte TPME 2025-2030 et complète des dispositifs déjà existants, comme l’Offre PME lancée en 2021 ou le marché alternatif aux conditions allégées.
Malgré leur poids dans le PIB et l’emploi, les TPME marocaines restent quasi absentes de la cote. Le défi n’est pas institutionnel, mais culturel, et les conventions de ce type se multiplient depuis des années sans résultat probant. Ce qui manque, ce ne sont pas les textes mais les entreprises prêtes à ouvrir leur capital et leurs comptes. Le succès de cet accord se mesurera au nombre de PME effectivement introduites en Bourse dans les prochaines années.
Ce qui se négocie → Le Conseil de la concurrence s’attaque au luxe

Saisi par une société du secteur, le Conseil de la concurrence a ouvert une procédure sur le marché marocain des parfums et cosmétiques de luxe. Cinq pratiques sont dans le viseur : discrimination entre revendeurs, ventes liées, verrouillage du marché, échanges d’informations sensibles et fixation implicite des prix de revente.
Les opérateurs ont proposé des engagements volontaires, soumis à consultation jusqu’au 8 juin 2026. Le marché fonctionne sur un modèle d’exclusivités territoriales où certains acteurs cumulent importation, distribution et vente au détail, bloquant l’accès des revendeurs indépendants aux produits stratégiques.
Ce dossier révèle un angle mort de la régulation marocaine : le luxe échappe souvent au radar concurrentiel. Si les engagements proposés sont jugés suffisants, l’affaire se clôturera sans sanction formelle, ce qui reste une issue favorable pour les opérateurs. Mais l’ouverture de cette procédure envoie un signal clair aux marques internationales : le modèle d’exclusivité absolue a des limites légales.
Ce qui s’ancre → 40 multinationales allemandes dans l’escarcelle de Tanger Med

SFC Automotive Solutions, filiale du fonds allemand Mutares, a inauguré le 6 mai une unité de 28 millions d’euros à Tanger Automotive City. Le site cible 85 millions d’euros de chiffre d’affaires et 900 emplois directs, et est spécialisé dans les joints d’étanchéité et systèmes de fluides pour véhicules thermiques, hybrides et électriques.
En marge de l’inauguration, Tanger Med et Mutares ont signé un protocole pour faciliter l’implantation d’autres sociétés du portefeuille du fonds, soit plus de 40 multinationales. SFC ouvre la voie à une série d’implantations automobiles à venir.
Ce protocole change d’échelle par rapport aux approches classiques : il ne s’agit plus d’attirer des entreprises une par une, mais de négocier un accès groupé à un portefeuille de multinationales. Tanger Med compte déjà plus de 20 entreprises allemandes pour 3 milliards de dirhams investis. Un modèle que le Maroc gagnerait à systématiser.
