Afourer : l'INRA présente ses nouvelles obtentions végétales pour consolider la souveraineté semencière nationale

L'Institut national de la recherche agronomique (INRA) a organisé, mardi au Domaine expérimental d'Afourer, une journée de démonstration dédiée à la présentation de ses nouvelles obtentions en céréales, légumineuses, plantes fourragères et oléagineuses, dans le cadre de ses efforts visant à consolider la souveraineté semencière nationale et la résilience agricole.

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Yassine Toumi/TelQuel

S’inscrivant dans le sillage de la stratégie « Génération Green », cette initiative vise à porter l’utilisation des semences certifiées à 50% à l’horizon 2030, et à renforcer la part des variétés nationales issues de la recherche publique dans les systèmes de production.

A cet égard, la Directrice de l’INRA, Lamiae Ghaouti, a indiqué que cette étape de communication marque un saut qualitatif cette année, avec l’augmentation du nombre de plateformes de démonstration de 6 à 12 sites, en partenariat avec la Société nationale de commercialisation de semences (SONACOS). L’objectif est d’évaluer ces nouvelles variétés selon leur adaptation environnementale et climatique, ainsi que leur productivité.

Elle a précisé que cette démarche d’évaluation est menée en coordination avec l’Office national du conseil agricole (ONCA), l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), l’Association des multiplicateurs de semences et les agriculteurs. Le but est de favoriser le transfert d’expertise et la collecte d’évaluations sur le terrain pour faire des variétés locales le pilier de l’agriculture marocaine.

De son côté, le Chef du département de l’Amélioration génétique à l’INRA, Moha Ferrahi, a souligné que ces essais permettent de comparer les performances des obtentions de l’INRA avec des variétés importées au niveau des 12 plateformes, insistant sur l’importance cruciale du programme de multiplication des semences pour garantir la mise à disposition de ces innovations aux agriculteurs.

Le but stratégique de l’Institut est de faire passer la part des semences nationales utilisées de 20% actuellement à au moins 50%, a-t-il fait savoir, soutenant que la réalisation de la souveraineté alimentaire passe inéluctablement par la garantie de la souveraineté semencière.

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Pour sa part, la Cheffe du Centre régional de la recherche agronomique (CRRA) de Béni Mellal, Kaoutar Fazzazi, a relevé que les nouvelles variétés présentées sont le fruit de 10 à 12 années de recherche scientifique. Cette plateforme applicative se veut un espace de concertation visant à rapprocher la recherche scientifique des agriculteurs et des multiplicateurs de semences aux niveaux régional et national, afin d’améliorer la qualité de la production.

Côté agriculteurs, le représentant des multiplicateurs de semences, Mustapha Fallah, a salué les innovations de la recherche agronomique, notamment les variétés à cycle de développement court et à haute valeur boulangère et protéique par rapport aux anciennes variétés.

Il a mis en exergue, tout particulièrement, la nouvelle variété d’orge baptisée « Achifaa », qui se distingue par sa résistance à la sécheresse et sa teneur de 8% en bêta-glucane, ce qui lui confère une grande valeur nutritionnelle et sanitaire, bénéfique notamment pour les personnes diabétiques.

Cet événement, qui se poursuivra par l’organisation d’une journée de démonstration similaire au Domaine expérimental de Tassaout mercredi, constitue une étape incontournable pour valoriser les résultats de la recherche et accélérer le transfert de technologies vers les agriculteurs et les opérateurs du secteur semencier, garantissant ainsi la durabilité et la compétitivité du secteur agricole national face aux défis climatiques.

(avec MAP)