Le juge d’instruction a décidé de reporter l’interrogatoire détaillé des accusés au mois de juin prochain, fixant la date du 22 juin pour entamer les auditions sur le fond des accusations retenues contre eux.
En avril dernier, le même juge avait ordonné la poursuite de huit accusés en état d’arrestation dans cette affaire, dans le cadre de l’enquête ouverte sur instruction du parquet général près la même juridiction.
La liste des personnes poursuivies comprend des agents d’autorité, des fonctionnaires communaux et des entrepreneurs. Il s’agit notamment de Mohammed Badoui et Azzouz Laghdar, propriétaires initiaux des immeubles effondrés, Abdelmajid Mohtal, fonctionnaire au service de légalisation des signatures, et Toufik Naji, officier d’état civil.
Sont également concernés Ahmed Ghanmat et Noureddine Bouibrane, agents d’autorité (cheikhs), ainsi que Noureddine Raoui, entrepreneur et intermédiaire immobilier actif à Zouagha. Ils ont été placés à la prison locale de Bourkaiz.
En parallèle, le juge a décidé de poursuivre 11 personnes en liberté, parmi lesquelles le président de l’arrondissement Ismaïl El Jai, ses adjoints Abdellah El Hadaf (RNI) et Khammar Samouh (PAM), ainsi que des agents d’autorité, des notaires et des ingénieurs.
Le procureur général du roi près la Cour d’appel de Fès avait indiqué, dans un communiqué, que les investigations techniques et judiciaires ont conduit à la poursuite de 21 personnes, dont huit ont été incarcérées, tandis que les autres sont poursuivies en liberté.
Selon ce communiqué, les enquêtes fondées sur les constats de terrain et les expertises techniques ont révélé de graves irrégularités dans la construction, notamment l’ajout d’étages sans autorisation, l’utilisation de matériaux de construction usagés, ainsi que la cession illégale du droit de surélévation.
Les investigations ont également mis en évidence la conclusion de contrats de vente en dehors du cadre légal et la délivrance de certificats d’habitation sans respect des lois en vigueur, révélant de graves dysfonctionnements dans la gestion du secteur de l’urbanisme.
Sur la base de ces éléments, le parquet a requis l’ouverture d’une information judiciaire pour des faits graves, notamment homicide et blessures involontaires, corruption, disposition illégale de biens non cessibles, et délivrance indue de documents administratifs.
Le parquet a affirmé qu’il continuera à suivre ce dossier de près, en veillant à l’application de la loi et à l’information de l’opinion publique sur les évolutions de cette affaire, qui remet en lumière la problématique de la construction illégale et les responsabilités des intervenants dans le secteur de l’urbanisme.
