En raison de contraintes financières et techniques, le maire de Fès renonce au projet de nouvelle gare routière

Dans une nouvelle décision illustrant les dysfonctionnements qui marquent la gestion des affaires locales à Fès, le maire de la ville, le RNIste Abdeslam Bekkali, a annoncé jeudi son renoncement au projet de création d’une nouvelle gare routière. Ce projet, approuvé lors de la dernière session extraordinaire du conseil communal, prévoyait son implantation en dehors du périmètre urbain de la ville, précisément dans la commune d’Aïn Cheggag, relevant de la province de Moulay Yacoub.

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Le conseil communal de Fès avait validé ce projet au début du mois d’avril, sur proposition du maire et de son bureau, malgré une forte opposition des élus de l’opposition. Ces derniers avaient critiqué le choix du site, jugé trop éloigné de plusieurs quartiers de la ville, ce qui risquait de nuire à l’accessibilité des citoyens à cette infrastructure essentielle.

Pour justifier ce revirement, Bekkali a expliqué que le projet de gare routière de nouvelle génération ne verra finalement pas le jour à Aïn Cheggag, en raison d’obstacles techniques et financiers ayant empêché sa concrétisation. Il a toutefois indiqué que des recherches sont en cours pour identifier une assiette foncière alternative au sein du périmètre urbain de Fès afin d’accueillir ce projet.

De son côté, le conseiller communal du Parti du progrès et du socialisme, Ali Laksab, a estimé, dans une déclaration à TelQuel Arabi, que ce recul ne peut être dissocié de ce qu’il qualifie d’« échec d’une approche de gestion précipitée ». Selon lui, la décision de transférer la gare routière en dehors du territoire de Fès ne relevait pas d’une simple mesure administrative, mais traduisait une absence de vision claire ainsi qu’un mépris des intérêts des habitants et des réserves exprimées par l’opposition.

Laksab a précisé que l’opposition avait, dès le départ, alerté sur les problématiques entourant ce projet, estimant qu’il portait atteinte au principe de proximité et à l’équité territoriale, tout en compromettant un équipement stratégique pour la ville. Il a également dénoncé le fait que la majorité ait fait passer cette décision « par la logique du nombre », en l’absence d’un véritable débat et d’une approche participative.

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Il a ajouté que ce revirement constitue, d’une part, une correction juridique et institutionnelle d’une décision entachée d’irrégularités liées aux compétences territoriales et à la légitimité de l’intervention financière, mais soulève, d’autre part, des interrogations quant aux modalités de prise de décision au sein du conseil et au respect des principes de transparence et de reddition des comptes.

Le conseiller a conclu en soulignant que la ville de Fès a besoin d’une vision politique claire pour la gestion de ses grands projets, insistant sur le fait que tout futur projet de gare routière doit être implanté à l’intérieur du périmètre urbain, reposer sur des études approfondies et des bases juridiques solides, loin de toute improvisation ou considérations étroites.