1er-Mai : l’UNTM appelle à une hausse des pensions et des salaires

L’Union nationale du travail au Maroc (UNTM) a appelé à une augmentation générale, immédiate et réelle des salaires, proportionnelle à la flambée des prix des produits de consommation, ainsi qu’à l’activation de l’échelle mobile des salaires et des prix afin de préserver le pouvoir d’achat.

Par

Dans son allocution à l’occasion du 1er-Mai, prononcée ce vendredi depuis une tribune à Rabat, l’organisation a réitéré sa solidarité avec les retraités et leurs ayants droit, estimant qu’ils font face à la vie chère avec des pensions “figées et dérisoires”. Elle a exigé une revalorisation immédiate des pensions, à un niveau au moins équivalent au salaire minimum, ainsi que leur exonération de l’impôt sur le revenu, “en reconnaissance des services rendus à la nation”.

Dans le même contexte, l’UNTM a mis en garde le gouvernement contre la poursuite de ce qu’elle qualifie d’“approche comptable”, qui privilégie les équilibres financiers au détriment des équilibres sociaux. Selon elle, la persistance des tensions au sein des institutions publiques et du secteur privé menace la paix sociale, “dont les répercussions sont imprévisibles”.

Le syndicat a également dénoncé toute orientation visant à engager une nouvelle réforme paramétrique des caisses de retraite, telle que le relèvement de l’âge de départ, l’augmentation des cotisations ou la baisse des pensions, qualifiant cet ensemble de mesures de “triptyque injuste” faisant peser sur les seuls salariés les conséquences de la mauvaise gestion historique et des déséquilibres structurels.

Il a insisté sur le fait que toute réforme doit passer par un “véritable dialogue national”, fondé sur une approche sociale et non strictement comptable.

Concernant les libertés syndicales, l’UNTM a appelé à l’adoption d’une loi sur les syndicats “juste et démocratique”, mettant fin à ce qu’elle appelle la “rente syndicale” et garantissant un véritable pluralisme, permettant aux voix libres et indépendantes d’exprimer les réalités du terrain professionnel, loin des logiques de clientélisme politique. Elle a également plaidé pour une réforme du système électoral des représentants des salariés ainsi que du Code du travail.

Par ailleurs, elle a exprimé son “rejet catégorique” de toute tentative de contournement du droit de grève à travers des lois organiques visant, selon elle, à “domestiquer l’action protestataire et à la vider de sa substance constitutionnelle”, soulignant que le droit de protester constitue “une soupape de sécurité pour arracher les droits et préserver les acquis”.

D’autre part, le syndicat a insisté sur la nécessité d’un cadre juridique protégeant les salariés contre les effets négatifs de la transition numérique et de l’intelligence artificielle, afin que la technologie ne devienne pas un outil de licenciement. Il a également appelé à consacrer la formation continue comme “un droit acquis”.

Dans le même registre, l’UNTM a dénoncé ce qu’elle décrit comme le rôle de “spectateur” du gouvernement face à la domination des sociétés pétrolières et des fournisseurs, appelant à une “intervention ferme” pour plafonner les profits et encadrer les prix des carburants et des produits de base, afin de protéger la sécurité alimentaire et la souveraineté nationale.

à lire aussi

Elle a également rejeté la transformation du Conseil de la concurrence en “simple observatoire de diagnostic”, plaidant pour l’octroi de pouvoirs répressifs lui permettant de sanctionner les spéculateurs et les lobbies qui “entretiennent les monopoles et portent atteinte au pouvoir d’achat des citoyens sous couvert de libéralisation des prix”.

Sur le plan fiscal, le syndicat a appelé à une révision “radicale” de l’impôt sur le revenu, à travers une refonte des tranches et un élargissement des exonérations, afin de réduire l’injustice subie par une catégorie qui paie l’impôt à la source “à des niveaux proches de l’inéquité”.

Il a également plaidé pour l’instauration d’un impôt sur la fortune, les grandes spéculations immobilières et les profits exceptionnels, plutôt que “d’épuiser le fonctionnaire et le salarié”, afin de financer le chantier de la protection sociale “selon une véritable approche solidaire”.

Enfin, l’UNTM a mis en garde contre toute levée totale des subventions sur le gaz butane, la farine et le sucre sans alternatives “réelles et directes” au profit des catégories concernées, affirmant son refus de voir “les pauvres servir de variable d’ajustement des équilibres macroéconomiques”.