Lors de cette réunion, les membres du Bureau ont passé en revue plusieurs initiatives visant à renforcer la visibilité du dossier des expulsés à l’échelle internationale et à collecter davantage de données pour enrichir le fonds documentaire du collectif, dont une part importante a été déposée, pour la première fois, aux Archives du Maroc. La préparation de rapports et de publications, ainsi que l’évaluation des activités récentes du CIMEA-75, ont également figuré à l’ordre du jour.
Le Bureau a par ailleurs salué le soutien constant de plusieurs acteurs institutionnels et de la société civile, en particulier l’Organisation marocaine des droits humains, liée au collectif par une convention de partenariat et de coopération. Il a également été convenu de développer et de valoriser un rapport inédit élaboré sous la supervision de Mme Fatiha Saïdi, membre du Bureau, avec la contribution d’experts en droit international des droits humains et en histoire.
Ce rapport, qui s’appuie notamment sur les archives de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge à Genève, avait été présenté le 1er octobre 2025 au Club suisse de la presse, en marge de la 60e session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.
Le CIMEA-75 a en outre pointé ce qu’il considère comme une contradiction manifeste : l’adoption par le Parlement algérien d’une loi criminalisant le colonialisme français — démarche jugée légitime en soi — tout en continuant à nier et à occulter le crime d’expulsion collective et arbitraire des Marocains d’Algérie en 1975, ainsi que les actes de violence, de persécution et de spoliation illégale des biens qui l’ont accompagné.
Le Bureau exécutif souligne également que l’État algérien continue de miser sur l’oubli et l’effacement des traces de cette tragédie, tout en diffusant des contre-vérités, prétendant notamment que l’expulsion collective des Marocains n’aurait été qu’une réponse à une prétendue expulsion de ressortissants algériens du Maroc, allégation que le collectif qualifie de sans fondement, ne reposant sur aucune preuve, aucun document ni aucune victime identifiée.
Fondé le 27 février 2021, le CIMEA-75 œuvre à la préservation de la mémoire des expulsions, à la défense des intérêts des personnes expulsées auprès des instances nationales et internationales, et à faire pression sur les autorités algériennes afin qu’elles reconnaissent les exactions commises, restituent les biens saisis et accordent aux victimes une réparation matérielle et morale.
