Menée du 23 mars au 3 avril 2026 par d’éminents enseignants-chercheurs spécialisés, cette mission s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des dispositions de la convention de partenariat relative à la réalisation de recherches archéologiques, à l’inventaire et à la documentation du patrimoine culturel et naturel du bassin de la Seguia El-Hamra, afin de contribuer à l’élaboration d’un circuit culturel et touristique dans la province.
La mission a abouti à des résultats majeurs qui s’articulent autour de plusieurs domaines clés et complémentaires. En matière de patrimoine funéraire, les fouilles ont révélé des architectures inédites de monuments datant de la période préislamique, ainsi que des sépultures primaires associées à du mobilier funéraire.
Concernant l’art rupestre, deux ensembles de peintures ont été documentés. Le premier, de tradition « paléo-amazighe », témoigne des prémices de l’écriture amazighe, tandis que le second se distingue par des figurations humaines d’époque néolithique.
Parmi les découvertes majeures sur le terrain figure également l’identification d’un « atelier technique » complet dédié à la préparation de pigments. Cet espace comprend un foyer et des outils de broyage qui portent encore des traces de colorant rouge.
Cette découverte a été accompagnée d’une analyse scientifique minutieuse des pigments utilisés dans les peintures rupestres, réalisée grâce à un laboratoire mobile (MoLab) de l’Université Moulay Ismaïl de Meknès. Ce dispositif a permis d’effectuer une approche analytique multi-instrumentale et non invasive, incluant la colorimétrie, la fluorescence des rayons X (XRF), ainsi que la spectrométrie Raman.
Quant au volet relatif au patrimoine naturel et à la biodiversité, des études écologiques ont été réalisées, démontrant la richesse de la province en écosystèmes variés. Elles ont mis en évidence la présence de l’arganier et une diversité faunique adaptée au climat saharien. Ces atouts naturels font du site un véritable pilier pour le développement du tourisme culturel et écologique au sein de la province.
Ces résultats et conclusions scientifiques confirment la profonde complémentarité entre le patrimoine culturel, dans ses dimensions matérielle et symbolique, et le cadre naturel de la région.
Ce projet scientifique s’inscrit dans le contexte d’un partenariat institutionnel multilatéral, dont le déploiement est supervisé par l’Association Miran pour la protection des sites archéologiques.
Il bénéficie du financement du Conseil provincial, en partenariat avec la province d’Es-Semara, la Direction du patrimoine culturel et la Commission régionale des droits de l’Homme, avec la participation active d’enseignants-chercheurs de l’Université Ibn Zohr.
Cette mission est menée sous la direction scientifique du professeur Abdelhadi Ewague, du Laboratoire « Le Maroc en Afrique: Histoire, Mémoire et Environnement international » de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines d’Agadir, sous la supervision du représentant du Parc national du patrimoine rupestre, Sidi Mohamed Mouloud Biba.
L’ensemble de ces données fait du territoire de Jdiriya un site fondamental pour la recherche scientifique et une base très prometteuse pour le développement du tourisme culturel et environnemental dans la province d’Es-Semara.
(avec MAP)
