Des observateurs attribuent cette hausse à plusieurs facteurs, notamment le retour de certaines pratiques spéculatives liées aux “chenaka”, ainsi que l’entrée d’intermédiaires non professionnels dans la chaîne de commercialisation, contribuant à l’augmentation des prix, surtout à l’approche de l’Aïd al-Adha.
Les professionnels expliquent que l’abondance du cheptel cette année ne se traduit pas nécessairement par une baisse des prix, en raison de la hausse continue des coûts de production, notamment ceux liés à l’alimentation animale, à la main-d’œuvre et au transport, ainsi que de la multiplicité des intervenants dans le circuit de distribution, ce qui renchérit le prix final pour le consommateur.
Les mêmes sources ajoutent que les marchés connaissent déjà une certaine dynamique et un afflux progressif des citoyens, avec des prix qui varient selon les villes et les zones rurales, restant plus élevés dans les grandes villes en raison des coûts de transport et des intermédiaires.
Dans ce contexte, un professionnel basé à Casablanca affirme que les prix actuels “restent proches des niveaux du dernier Aïd al-Adha, avec une différence variant entre 300 et 500 dirhams dans certains cas”, précisant que les prix minimums se situent entre 2200 et 2500 dirhams pour les petits moutons.
Il ajoute que ce que certains perçoivent comme une cherté est principalement lié aux coûts de production, soulignant que “les dépenses ne se limitent pas à l’alimentation, mais incluent également la main-d’œuvre, les soins quotidiens et le transport”, ce qui fait que le prix final reflète l’ensemble de ces charges.
De leur côté, les agriculteurs estiment que la structure actuelle du marché ne favorise pas les producteurs. Mohamed Ghalimi, agriculteur et éleveur, explique que les principaux bénéficiaires de la situation actuelle sont les spéculateurs et les “chenaka”, en raison de leur capacité financière à acheter les moutons en grande quantité pour les revendre avec des marges supplémentaires.
Ghalimi précise que les petits et moyens éleveurs évitent de prendre des risques face aux fluctuations du marché, préférant vendre sans attendre que la demande et les prix se stabilisent à l’approche de l’Aïd, tandis que certains choisissent de conserver leurs bêtes jusqu’au dernier moment, dans l’espoir de réaliser une meilleure marge, surtout dans un contexte de hausse continue des coûts d’élevage.
Il souligne enfin que « le problème ne réside pas dans la rareté du cheptel, mais dans la manière dont le marché est géré », notant que l’absence d’une organisation rigoureuse des circuits de commercialisation renforce le rôle des “chenaka” au détriment des agriculteurs et des consommateurs.
À noter que le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts avait annoncé que l’opération de recensement du cheptel national, menée dans l’ensemble des provinces et préfectures du Royaume entre le 26 juin et le 11 août 2025, a enregistré une hausse du nombre de têtes de bétail à l’échelle nationale, atteignant 32.832.573 têtes.
