Comme l’avait annoncé TelQuel dans un dossier dédié, le projet de gazoduc Afrique Atlantique reliant le Nigeria au Maroc avance, notamment avec la signature d’un accord intergouvernemental entre les treize pays concernés attendue cette année. Dans une dépêche publiée ce lundi 13 avril, Reuters reconfirme cette signature qui devrait avoir lieu cette année, après un échange avec l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM).
Depuis le sud du Nigeria jusqu’au nord du Maroc, en passant le long des côtes des pays ouest-africains, le gazoduc Maroc-Nigeria devrait s’étendre sur près de 7 000 km. Combinant des passages offshore et onshore, le gazoduc devrait permettre d’acheminer du gaz depuis les réserves nigérianes, mais aussi depuis les champs gaziers au large du Sénégal et de la Mauritanie.
Lors d’une interview avec TelQuel, Mohammed Benzaria, directeur de la filiale midstream de l’ONHYM, OMCo, en charge du projet, avait indiqué que les premiers tronçons réalisés relieront le Sénégal au Maroc, ainsi que le Ghana à la Côte d’Ivoire. Dès 2031, des premières livraisons de gaz sont attendues pour ces segments.

En discussion depuis une dizaine d’années, ce projet de gazoduc a connu des petites avancées au fil des années. Entre 2021 et 2023, les signatures se sont succédées du côté institutionnel entre les treize pays hôtes du gazoduc, ainsi que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Création d’une entité institutionnelle
En décembre 2024, les termes de l’accord intergouvernemental, qui définit les droits et obligations de chaque pays concerné, sont adoptés. Cet accord devrait alors être signé par les treize chefs d’États concernés au cours de l’année 2026. Il permettra d’ailleurs la création d’une entité politique : la Haute autorité du gazoduc, outil de coordination entre les différents États. Il désignera aussi la société dédiée au projet, qui se chargera du financement et de la réalisation du gazoduc.
Au cours de ces neuf prochains mois, la décision finale d’investissement (FID) devrait également être prise. Pour le moment, l’ONHYM est en phase d’optimisation, espérant pouvoir réduire le budget initial de 25 milliards de dollars à 20 milliards. Concernant les investisseurs, peu d’informations filtrent. Des fonds souverains et des banques de développement ont fait connaître leur intérêt. Parmi elles, la Banque islamique de développement (BID) et le fonds de l’OPEP pour le développement international (OFID).
Une fois cette FID finalisée, le projet connaîtra un réel coup de boost. Avec des premiers tronçons mis en service en 2031, le gazoduc pourrait d’ailleurs espérer approvisionner l’Europe, avec une connexion au gazoduc Maghreb-Europe. Pour le gazoduc Afrique Atlantique complet, il faudra attendre environ dix ans.
