Dans une déclaration à Hespress, Rahhou explique que « l’institution a décidé d’émettre trois avis relatifs au secteur des cafés au lieu d’un seul, comme cela était initialement prévu ». Il précise que l’enquête portant sur le café en tant que matière première est déjà arrivée à ses phases finales. Le Conseil s’apprêtait d’ailleurs à en présenter les conclusions, avant de décider d’élargir l’étude à d’autres marchés étroitement liés à l’activité des cafés.
Cette approche s’explique par l’interconnexion de plusieurs produits avec ce secteur. Selon Rahhou, “la décision de préparer trois avis supplémentaires découle de l’interconnexion du secteur des cafés avec plusieurs marchés qui lui sont liés, notamment celui du café en tant que matière première, le marché des boissons gazeuses, ainsi que celui des eaux minérales”. Ces produits constituent en effet des éléments essentiels de l’activité des cafés et influencent, directement ou indirectement, leur structure concurrentielle.
Le Conseil travaille ainsi actuellement à quatre avis complémentaires : un premier sur les cafés en tant que commerces, et trois autres consacrés aux marchés du café, des boissons gazeuses et des eaux minérales. Ces analyses devraient être rendues publiques au cours du premier semestre de l’année en cours. L’objectif, selon le président de l’institution, est d’adopter une vision globale du secteur. “L’objectif de cette approche est de proposer un traitement global permettant une lecture précise des différentes étapes de la chaîne de valeur, plutôt que de se limiter à un seul angle d’analyse”, souligne-t-il.
S’agissant du marché du café en tant que matière première, Rahhou indique que les premières conclusions ne mettent pas en évidence de dysfonctionnements majeurs. “Le document n’a pas mis en évidence l’existence de dysfonctionnements clairs”, affirme-t-il, précisant toutefois que le prix du café a connu une hausse notable ces dernières années. “Ce qui est apparu, c’est que le prix du café en tant que matière première a connu une hausse notable ces dernières années. Contrairement à certains produits dont les prix ont fortement baissé après une certaine période, le prix du café n’a pas connu de recul similaire”.
Le président du Conseil ajoute que la question de la concurrence et les facteurs expliquant l’évolution des prix seront détaillés dans l’avis final. “La situation de la concurrence sera détaillée dans l’avis attendu. Il ne semble pas y avoir de dysfonctionnement concurrentiel manifeste, mais l’explication des évolutions des prix sera présentée de manière très précise, en ce qui concerne les facteurs ayant influencé ces transformations”.
Il souligne également que la hausse du prix de la matière première ne se traduit pas automatiquement par une augmentation équivalente du prix payé par le consommateur dans les cafés. “La hausse du prix du café en tant que matière première ne se répercute pas nécessairement de manière directe sur le prix de la tasse de café servie dans les cafés”, indique-t-il, rappelant que le coût du produit n’est qu’un élément parmi d’autres dans la formation du prix final.
Enfin, Rahhou précise que la publication simultanée des différents avis vise à éviter une lecture fragmentée de la situation des marchés. Le Conseil souhaite ainsi présenter des conclusions cohérentes et reflétant une vision globale des conditions de concurrence.
Concernant le mois de Ramadan, le président du Conseil de la concurrence affirme qu’aucune anomalie particulière n’a été signalée. “Aucune plainte ni indicateur particulier concernant le secteur des produits alimentaires ou tout autre marché n’a été enregistré durant cette période”, conclut-il, estimant que la situation des marchés est restée globalement normale du point de vue de la concurrence.
