“Les inondations et le changement climatique menacent la résilience des territoires”, selon Ould Errachid

Mohamed Ould Errachid, président de la Chambre des conseillers, s'est exprimé lors de la séance d’ouverture du 10ᵉ Forum parlementaire international de la justice sociale, tenu ce lundi à Rabat.

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Mohamed Ould Errachid, du Parti de l'Istiqlal (PI), a été élu à la présidence de la Chambre des conseillers pour la seconde moitié de la législature 2021-2027, lors d'une séance plénière tenue le 12 octobre 2024. Crédit: Rachid Tniouni/TelQuel

Mohamed Ould Errachid, président de la Chambre des conseillers, a affirmé que « le gain de la bataille de la justice sociale est étroitement lié à la capacité de notre pays à faire face aux transformations mondiales accélérées et aux tendances structurelles profondes, susceptibles de compromettre les acquis réalisés et d’entraver l’atteinte des résultats escomptés ».

S’exprimant lors de la séance d’ouverture du 10ᵉ Forum parlementaire international de la justice sociale, tenu ce lundi à Rabat, Ould Errachid a souligné « l’existence d’une vision nationale intégrée, désormais dotée d’une feuille de route claire pour rattraper le déficit de développement et renforcer la justice sociale et territoriale ». Il a précisé que sa réussite requiert « un redoublement d’efforts pour accélérer sa mise en œuvre, renforcer la coordination, améliorer la gouvernance, approfondir les réformes, tout en assurant une évaluation continue de leurs impacts afin de garantir la durabilité des résultats ».

Le président de la Chambre des conseillers a relevé que « les fractures technologiques et numériques, les flux migratoires, les risques liés aux guerres et aux conflits géopolitiques, la récurrence des crises économiques ainsi que les changements climatiques constituent aujourd’hui les principaux défis de ce processus ». Il a ajouté que cela « impose le renforcement des mécanismes de veille et d’anticipation, ainsi que de leur flexibilité stratégique, afin de protéger les acquis de la justice sociale et d’en assurer le caractère inclusif ».

À titre d’exemple, Ould Errachid a évoqué les inondations et les perturbations climatiques sans précédent que connaissent actuellement de vastes zones des provinces du Nord et de l’Ouest du Royaume, estimant qu’elles « illustrent de manière concrète que le changement climatique est devenu une réalité tangible et une menace réelle pour l’immunité et la résilience des catégories sociales et des territoires ».

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Il a également noté que « la gestion par notre pays de ces risques, à l’instar de la pandémie de Covid-19 et de la gestion des conséquences du séisme d’Al Haouz en 2023, a constitué un modèle pratique incarnant les valeurs de solidarité nationale, sociétale et territoriale dans les moments difficiles, à travers une mobilisation générale et un engagement responsable des différentes autorités publiques, de la société civile et de l’ensemble des citoyennes et citoyens ». Il a ajouté que la vision anticipative et les orientations royales placent la protection de l’être humain et la préservation de sa dignité au cœur des choix nationaux.

Il a expliqué que le pari actuel repose en réalité sur une approche tridimensionnelle : « une économie forte, une société solidaire et une gouvernance efficace », ajoutant : « Nous ne pouvons réussir la consolidation de l’État social sans une économie compétitive et créatrice d’emplois ; nous ne pouvons préserver la stabilité et la cohésion sans réduire les disparités territoriales et sociales ; et nous ne pouvons garantir la durabilité des acquis sans une bonne gouvernance. »

Le président de la Chambre des conseillers a indiqué qu’il comptait sur les conclusions de ce forum, exprimant l’espoir que « ses travaux débouchent sur un débat fécond et des recommandations pratiques et applicables, contribuant à la construction d’une société plus juste, plus inclusive et plus résiliente ». Il a souhaité que ces conclusions constituent « un capital cognitif précieux pouvant être mobilisé par les groupes et équipes parlementaires, ainsi que par les commissions permanentes et temporaires, afin d’améliorer la qualité du travail parlementaire, de développer les mécanismes de contrôle et d’évaluation, et de soutenir une législation fondée sur des preuves, des chiffres et des données ».

Il a conclu en affirmant que « la réalisation effective de la justice sociale ne peut être envisagée indépendamment d’une approche participative reposant sur la complémentarité des rôles des différents acteurs institutionnels et sociaux, le travail parlementaire demeurant un levier essentiel pour renforcer cette dynamique ».