Dans un communiqué adressé à l’opinion publique, dont TelQuel Arabi a reçu copie, Bensaid précise que son recours à la justice vise à “préserver ses droits, au nom de la primauté de l’État de droit”, ajoutant : “Je ne demanderai que la réhabilitation et une indemnisation symbolique.”
Membre de la direction collégiale du secrétariat général du Parti authenticité et modernité (PAM), il poursuit : “Je suis ces allégations avec une grande stupéfaction, au regard de l’atteinte directe portée à ma personne, à la dignité de ma famille, à la responsabilité que j’ai l’honneur d’assumer, ainsi qu’au parti auquel j’appartiens. Cette campagne de diffamation organisée a dépassé les limites de la critique pour porter atteinte à l’honneur et à la considération personnelle à travers des accusations d’une extrême gravité.”
Il affirme que “tout ce qui a été relayé comme amalgames et accusations n’est que mensonges, fausses informations et diffamations graves qui ne peuvent être tolérées”. Et d’ajouter que cette campagne, “dépourvue des plus élémentaires critères de crédibilité et d’objectivité, n’a d’autre objectif que de tromper l’opinion publique et de porter atteinte directe à ma personne”, selon le communiqué.
Bensaid souligne également avoir “toujours cru fermement à la liberté d’expression et au rôle central de la critique constructive dans l’amélioration de l’action publique”. Mais “ce que je subis aujourd’hui n’a aucun lien avec la liberté d’opinion ; il s’agit d’une attaque méthodique et délibérée visant à nuire à ma réputation par la diffusion de mensonges et d’accusations gratuites et dangereuses.”
Il conclut en affirmant que ces tentatives, qu’il qualifie de “désespérées”, ne feront que renforcer sa détermination à poursuivre l’exercice de ses fonctions et à servir son pays avec intégrité et dévouement, en se concentrant sur les grands chantiers relevant de ses attributions, loin de ce qu’il appelle des “conflits illusoires” dans lesquels certains cherchent à l’entraîner.
Ces déclarations font suite à la publication, par le site web Aabbir, d’un article affirmant qu’un ministre du gouvernement Akhannouch et dirigeant éminent d’un des partis de la coalition au pouvoir est soupçonné d’avoir promis à l’un des détenus de l’affaire “Escobar du Sahara” la possibilité de son acquittement, en échange d’une somme d’argent considérable.
L’affaire dite de l’“Escobar du Sahara” implique un vaste réseau criminel présumé, soupçonné de trafic international de drogue, de blanchiment d’argent et de corruption à grande échelle, dont les ramifications s’étendraient à des figures influentes du monde politique, administratif et sportif. À la tête de ce réseau se trouverait Hadj Ahmed Ben Brahim, trafiquant notoire, surnommé “l’Escobar du Sahara”.
L’enquête, menée par la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) a donné lieu à plusieurs arrestations, dont celle de Saïd Naciri. Ancien président du Wydad et ex-député, ce dernier est accusé d’avoir joué un rôle de facilitateur grâce à ses réseaux politiques, et d’avoir tenté, selon l’accusation, d’influencer des procédures judiciaires en faveur du trafiquant.
Le dossier a suscité une forte attention médiatique, notamment en raison de la personnalité des mis en cause et de la sensibilité des accusations portées contre eux.
