Ali Shaath, un ingénieur palestinien pour administrer la bande de Gaza dévastée

Ali Shaath, choisi pour diriger le comité transitoire d'experts chargé d'administrer la bande de Gaza, est un ingénieur civil et ancien haut fonctionnaire qui aura la lourde tâche de piloter la première étape de la reconstruction du territoire palestinien en ruines.

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Ali Shaath, choisi pour diriger le comité transitoire d'experts chargé d'administrer la bande de Gaza, est un ingénieur civil et ancien haut fonctionnaire qui aura la lourde tâche de piloter la première étape de la reconstruction du territoire palestinien en ruines Crédit: DR

Peu connu du grand public, M. Shaath est né en 1958 à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, avant d’étudier au Caire et au Royaume-Uni, a indiqué un membre de sa famille à l’AFP. Il a travaillé pour diverses institutions dans les domaines du développement, de la finance et des infrastructures, dans les Territoires palestiniens mais aussi dans les pays du Golfe.

Dans l’administration palestinienne, il a occupé au cours des années 1990 et 2000 les fonctions de vice-ministre de la Planification et de la Coopération internationale, ainsi que celui de secrétaire général du ministère des Transports et des Communications, entre autres portefeuilles.

Lors d’une interview accordée mercredi à la radio palestinienne Basma, M. Shaath s’est longuement exprimé sur la reconstruction de la bande de Gaza, ravagée par plus de deux ans de guerre génocidaire menée par Israël, fournissant de nombreux détails sur les enjeux techniques de cette nouvelle phase de l’après-guerre.

Photo prise à Gaza le 10 octobre 2023.Crédit: Mohammed Zaanoun / Middle East Images

« Nous ne parlons pas de ‘reconstruction’ mais de construire à nouveau », a-t-il déclaré, soulignant le besoin immédiat d’abris pour les 2,2 millions d’habitants de Gaza, dont presque tous ont été déplacés au moins une fois au cours de la guerre. « Nous établirons des plans pour l’eau, la réhabilitation des puits, la purification de l’eau, l’eau est le secret de la santé, de l’éducation, des hôpitaux, tous détruits », a-t-il estimé.

Concernant les quantités massives de gravats laissés par les bâtiments détruits, M. Shaath a évoqué l’idée de les repousser dans la mer Méditerranée, qui longe ce territoire, afin de l’étendre artificiellement.

Le plan de paix en 20 points négocié par Donald Trump, qui a abouti à un cessez-le-feu mis en œuvre le 10 octobre, prévoit que le comité de transition, composé de 15 membres, gouverne le territoire palestinien sous la supervision d’un Conseil de la paix, présidé par le président américain. M. Shaath a indiqué mercredi à la radio avoir été contacté au sujet de ce poste par le diplomate bulgare Nickolay Mladenov, pressenti pour diriger les opérations de terrain du Conseil de la paix.

« Des cerveaux », pas des armes

M. Shaath a déclaré que, selon les termes du plan Trump, son comité prendrait progressivement le contrôle de la bande de Gaza, encore largement occupée par l’armée israélienne. Il a souligné que la sécurité et la coordination avec les groupes armés ne relevaient pas du mandat du comité. « Le comité n’est pas une armée, ce sont 15 experts palestiniens de la reconstruction, assistés par du personnel (technique, ndlr), des cerveaux à la place des armes », a-t-il déclaré.

Le comité technocratique de Gaza doit se réunir pour la première fois jeudi au Caire, dans un bâtiment de la représentation américaine en Egypte, a indiqué un responsable palestinien à l’AFP. Cinq membres du comité actuellement dans la bande de Gaza se rendront à la réunion via le point de passage de Rafah, selon un autre responsable palestinien.

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La plupart des mouvements palestiniens, dont le Hamas, ont exprimé leur soutien à la composition du comité. Le Hamas a déclaré qu’il ne cherchait pas à jouer un rôle dans une future autorité gouvernant Gaza et qu’il se limiterait à un rôle de supervision de la stabilité sur le terrain. Son rival, le parti Fatah dirigé par le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, n’a pas officiellement endossé le comité, mais la présidence palestinienne l’a salué.

Au vu de son profil relativement discret, la nomination de M. Shaath a étonné plusieurs observateurs, selon des témoignages recueillis par l’AFP. Un cadre d’une organisation internationale travaillant dans les Territoires palestiniens a ainsi estimé que cette nomination n’était « pas un choix évident ».

(avec AFP)