Dans un communiqué dont TelQuel Arabi a reçu copie, la coalition a appelé à orienter les efforts vers de véritables réformes profondes de la politique nationale du médicament.
Elle a également réaffirmé sa disponibilité permanente à contribuer, de manière institutionnelle et responsable, à tout débat servant l’intérêt général et plaçant la santé du citoyen au-dessus de toute autre considération.
La coalition estime que la proposition d’ouverture du capital des pharmacies s’inscrit dans une approche capitaliste, commerciale et techniciste étroite, qui occulte la dimension professionnelle et stratégique du secteur du médicament, considéré comme un service à caractère souverain, directement lié à la sécurité sanitaire des citoyens.
Elle souligne que l’intégration de la pharmacie dans une logique d’investissement capitalistique privé constitue une dérive dangereuse par rapport aux fondements de l’État social, et consacre la logique du marché et la marchandisation du médicament au détriment de la logique du service public, en contradiction avec les orientations constitutionnelles qui font du droit aux soins une responsabilité partagée entre l’État et les professionnels de santé.
La coalition affirme que la sécurité pharmaceutique ne se limite pas à la simple disponibilité du médicament, mais repose également sur la sécurité de sa dispensation et de son usage. Cela implique l’importance de l’indépendance de la décision pharmaceutique et la protection de la chaîne du médicament contre les logiques de monopole ou de profit, lesquelles deviendraient une réalité dans le système de santé avec l’ouverture du capital des pharmacies, en raison de la domination de grands acteurs financiers sur la distribution du médicament.
Il en résulterait une hausse des prix des médicaments et des services pharmaceutiques, l’indisponibilité de certains médicaments indépendamment de leur prix de vente, un déséquilibre territorial de la couverture pharmaceutique, ainsi que l’exposition des zones vulnérables et éloignées à la privation de médicaments et de services pharmaceutiques.
Elle rappelle que le pharmacien n’est pas un simple vendeur de médicaments, mais un acteur de santé indépendant, assumant une responsabilité éthique et juridique dans la dispensation du médicament et l’accompagnement du patient. Toute atteinte à l’indépendance du pharmacien, en le plaçant sous la tutelle d’actionnaires ou d’investisseurs, vide la pratique pharmaceutique de son essence et transforme la décision sanitaire en décision commerciale, ce qui constitue un danger réel pour la sécurité du citoyen.
La même source relève que le nombre de pharmacies au Maroc couvre l’ensemble du territoire national, et que les problèmes structurels dont souffre la politique nationale du médicament ne résident ni dans le nombre des pharmacies ni dans leur capital, mais dans l’absence de gouvernance, la lutte insuffisante contre le gaspillage et les pratiques de monopole dans les autres maillons de la chaîne du médicament, le manque de primauté de l’intérêt général dans l’accompagnement de l’évolution des services pharmaceutiques à l’instar des pays avancés, l’insuffisant encouragement de l’industrie pharmaceutique nationale, ainsi que la faiblesse des mécanismes d’accès à la couverture sanitaire et de leur efficacité.
La coalition conclut que ces dysfonctionnements, entre autres, confirment que l’ouverture du débat sur la gestion du capital des pharmacies relève d’un diagnostic erroné d’un problème inexistant.
