Sit-in de sinistrés des inondations à El Jorf pour dénoncer l’absence de soutien des autorités

Les personnes touchées par les inondations de l’oued Al-Bathaa, au ksar Al-Mnagara, dans la province d’El Jorf, dans la région de Safi, ont entamé ce vendredi un sit-in ouvert, après un rassemblement de protestation organisé la veille, afin de dénoncer les conditions difficiles qu’elles vivent, dans un contexte qu’elles qualifient d’absence totale de toute intervention effective des autorités concernées, aussi bien en matière d’hébergement temporaire que d’indemnisation des dégâts.

Par

Dans des déclarations concordantes à TelQuel Arabi, les protestataires ont indiqué que leur mouvement est entré, à compter d’aujourd’hui, dans une phase de sit-in ouvert et continu tout au long de la journée, afin d’exiger l’accélération de solutions urgentes leur garantissant un logement indépendant.

Ils ont ajouté qu’à la suite de la visite d’une commission spéciale chargée d’évaluer les dégâts, l’ampleur des pertes a été estimée à environ 80 habitations, dont 50 menacées d’effondrement à tout moment, ce qui accroît les craintes et aggrave la souffrance des familles sinistrées, tandis qu’environ 30 maisons se sont totalement effondrées.

Les sinistrés ont réclamé l’hébergement immédiat et indépendant des familles touchées, précisant que la solidarité sociale et la prise en charge familiale ont conduit plusieurs ménages à se réfugier chez des proches, une solution qu’ils jugent toutefois provisoire et insuffisante.

Ils ont également appelé les responsables à assurer un logement décent et durable jusqu’à la reconstruction, à indemniser les sinistrés et à demander des comptes aux responsables de cette catastrophe.

à lire aussi

Pour rappel, ces protestations font suite aux inondations qu’a connues l’oued Al-Bathaa le 13 décembre 2025, lesquelles ont provoqué l’effondrement de plus de 20 maisons et le déplacement de dizaines de familles vulnérables au ksar Al-Mnagara, après que les crues ont modifié leur cours naturel et envahi les habitations riveraines de l’oued.

Selon les témoignages de sinistrés et d’acteurs associatifs, ce qui s’est produit est lié à des interventions humaines dans le lit naturel de l’oued, notamment la construction de domaines agricoles, le remblayage des khettaras et l’édification d’ouvrages au milieu du cours d’eau, ce qui a fragilisé l’ancien mur de protection qui protégeait le ksar et les ksour voisins.

Les mêmes sources indiquent que les signes avant-coureurs de la catastrophe sont apparus dès septembre 2024, après l’effondrement d’une partie du mur de protection datant de l’époque du défunt roi Mohammed V, sans que cela ne soit suivi de sa reconstruction ou de la mise en place de mesures préventives. Cette négligence a aggravé l’ampleur des dégâts lors des dernières inondations, détournant les flots vers les habitations, tandis que les exploitations agricoles sont restées à l’abri des pertes.