Cette étude, menée par des chercheurs de l’Université du Pays basque (Espagne), précise que la péninsule Ibérique ne se déplace pas seulement vers le nord, mais qu’elle effectue également une lente rotation dans le sens des aiguilles d’une montre. Ce mouvement est dû à la collision des plaques tectoniques africaine et eurasienne dans l’ouest de la mer Méditerranée, notamment au niveau du détroit de Gibraltar.
Selon les chercheurs, le continent africain avance chaque année de quelques millimètres vers le nord, créant ainsi une pression géologique continue sur le sud de l’Europe. Cette pression n’est toutefois pas répartie de manière uniforme : la mer d’Alboran et l’arc de Gibraltar jouent le rôle de zones « tampon », absorbant une partie des contraintes et atténuant leur impact direct sur le reste de la péninsule Ibérique.
L’étude indique que cette interaction géologique est la principale cause de l’activité sismique enregistrée dans des régions comme le sud de l’Espagne et le nord du Maroc. Elle explique également pourquoi certains séismes se concentrent dans des zones précises plutôt que dans d’autres. Alors que les contraintes se transmettent facilement dans certaines régions, elles sont absorbées ou dispersées ailleurs, selon la nature des roches et la structure géologique.
Les chercheurs se sont appuyés sur des données de haute précision recueillies par satellites, ainsi que sur des archives sismiques couvrant plusieurs décennies, ce qui leur a permis de suivre les mouvements de la croûte terrestre avec une précision de quelques millimètres par an. Ces données ont contribué à dresser un tableau plus clair de la formation des tensions géologiques dans la zone s’étendant du sud de l’Espagne au nord du Maroc.
L’étude souligne que la compréhension de ces mouvements lents est essentielle pour améliorer l’évaluation future des risques sismiques, en particulier dans des régions comme l’ouest de la Méditerranée, où certaines failles actives demeurent encore mal identifiées.
Les chercheurs concluent que ces résultats constituent une étape importante vers une meilleure compréhension de l’interaction des plaques tectoniques autour du détroit de Gibraltar, ce qui pourrait, à terme, contribuer à l’élaboration de modèles plus précis de prévision de l’activité sismique et à la réduction de ses risques pour les populations et les infrastructures.
