Abdelouafi Laftit alerte sur l’avenir des taxis : “S’ils n’ont pas leur place dans l’écosystème, ils n’auront plus où exercer”

Intervenant ce lundi au Parlement, le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a dressé un état des lieux chiffré et sans détour du secteur des taxis au Maroc, tout en alertant sur les défis structurels auxquels il est confronté face aux mutations du transport urbain.

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Le ministre de l'Intérieur Abdelouafi Laftit, le 25 novembre 2024 au Parlement. Crédit: Rachid Tniouni/TelQuel

Le nombre total du parc des taxis est estimé à près de 77.200 véhicules », a indiqué le ministre, précisant que ce parc se répartit entre 44.650 taxis de première catégorie (grands taxis), opérant en milieu urbain, périurbain et rural, et 32.550 taxis de deuxième catégorie (petits taxis), qui travaillent exclusivement à l’intérieur des villes.

Abdelouafi Laftit a souligné l’importance sociale et économique du secteur, rappelant qu’« environ 180.000 chauffeurs de taxi » en vivent directement, ce qui « met en évidence son importance économique et sociale ». Mais, a-t-il averti, « aujourd’hui, le secteur des taxis fait face à une problématique majeure ».

Selon le ministre de l’Intérieur, cette difficulté touche à la fois « l’usager-citoyen » et « les propriétaires de taxis », dans un contexte de transformation rapide de l’offre de transport. « Demain, il y aura des bus de qualité ainsi que des applications numériques. On ne peut pas ignorer l’évolution de l’époque et du secteur des taxis », a-t-il insisté devant les parlementaires.

Dans ce nouveau paysage, Abdelouafi Laftit a été catégorique : « Si le taxi n’a pas sa place dans cet écosystème, il n’aura plus où exercer. » D’où, selon lui, la nécessité d’une restructuration en profondeur. « Il est donc dans notre intérêt aujourd’hui que les taxis s’organisent dans un cadre réglementé et structuré, valable dans l’ensemble des régions du Maroc », a-t-il affirmé.

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Le ministre a également mis en avant l’approche territoriale adoptée par son département. « L’étude que nous menons actuellement nous oblige à visiter toutes les régions », a-t-il expliqué, soulignant que « les équipes qui travaillent sur cette étude stratégique n’ont laissé aucune zone du Maroc de côté ».

Car, a-t-il précisé, « la problématique des taxis diffère d’une région à l’autre ». « Casablanca n’est pas Zagora, ni Tata, ni Oujda », a-t-il illustré, ajoutant qu’« il faut analyser, dans chaque région, les difficultés spécifiques posées ».

Enfin, Abdelouafi Laftit a insisté sur la portée nationale de la réforme en préparation : « Nous changeons la loi, et ce changement doit concerner l’ensemble du Maroc, et non région par région. »