Nous travaillons avec des amis et des voisins qui comprennent parfaitement la responsabilité régionale que nous partageons”, a déclaré la ministre, saluant un partenariat devenu stratégique.
Selon nos confrères d’Al3omk, cette annonce intervient à l’occasion du 13ᵉ Réunion de Haut Niveau, où Benali s’est entretenue avec son homologue espagnole Sara Aagesen afin d’examiner les moyens de renforcer les interconnexions. Elle a rappelé que la relation énergétique entre Rabat et Madrid, consolidée depuis 2021, s’est maintenue au-delà des fluctuations des marchés.
Lorsque l’Algérie a interrompu ses livraisons de gaz via le gazoduc Maghreb–Europe, quelques mois avant la guerre en Ukraine, les deux pays ont dû, selon elle, “agir de manière unifiée”. Après plusieurs mois d’arrêt, l’infrastructure a été réactivée et le gaz s’est mis à circuler en sens inverse, du nord vers le sud, marquant un changement profond dans l’équilibre énergétique régional.
Benali a également souligné que cette coopération s’inscrit dans un objectif stratégique plus large : permettre au Maroc de sortir du “piège du revenu intermédiaire”, qui plafonne sa croissance autour de 3 %, en garantissant un approvisionnement énergétique à faible coût et faible intensité carbone. Avec cette condition, le pays peut ambitionner un taux de croissance de 6 %. Les énergies renouvelables représentent déjà 45 % de la production électrique nationale, après 42 % en 2023, avec un objectif de 52 % en 2027. Depuis 2021, le gouvernement a triplé les investissements annuels dans ce secteur.
La ministre a évoqué un véritable “boom d’investissements” dans l’énergie, rappelant que 1 000 entreprises espagnoles opèrent au Maroc, tandis que 20 000 exportent vers le marché marocain. Elle a mis en avant les deux lignes électriques sous-marines reliant les deux pays, d’une capacité totale de 1 400 MW, précisant qu’elles fonctionnent “dans les deux directions”. Un projet de troisième ligne est en préparation pour renforcer davantage cette connectivité.
Benali a cité un exemple concret de cette interconnexion : lors de la grande panne qui a touché toute la péninsule Ibérique le 28 avril dernier, le Maroc a mobilisé jusqu’à 38 % de sa capacité de production pour fournir de l’électricité et aider à rétablir le service en Espagne.
Elle a enfin exprimé le souhait que cette dynamique dépasse le domaine de l’énergie pour inclure à l’avenir les minerais stratégiques. Selon elle, la réponse à la demande mondiale croissante en lithium, cobalt et autres métaux critiques dépend de l’essor du secteur minier africain et de l’ouverture de nouveaux corridors commerciaux vers l’Europe — un rôle que l’interconnexion Maroc-Espagne, seule liaison terrestre entre les deux continents, est appelée à jouer.
