Dans un communiqué reçu par TelQuel Arabi, la Confédération a demandé l’ouverture d’un dialogue national approfondi, associant les représentants des très petites entreprises afin d’adapter les politiques publiques à leurs besoins spécifiques.
Elle a également exhorté à impliquer la société civile et les jeunes entrepreneurs dans l’évaluation des mécanismes d’appui à l’investissement, afin d’assurer leur adéquation et d’éviter le favoritisme. Elle préconise par ailleurs des réformes structurelles durables, comme la création d’une banque publique dédiée aux très petites et petites entreprises, l’assouplissement des critères de financement et la garantie de la transparence dans l’allocation des aides.
La Confédération a dénoncé le discours du chef du gouvernement Aziz Akhannouch lors du lancement du Fonds de soutien à l’investissement à Errachidia, un discours jugé « ignorant les nombreux obstacles structurels » auxquels les très petites entreprises sont confrontées.
Elle révèle que les conditions d’octroi des prêts bancaires exigent des garanties disproportionnées, pouvant atteindre trois fois le montant demandé, et ce malgré l’existence de mécanismes publics de garantie comme « Tamwilcom ».
La Confédération a également exprimé son indignation face aux taux d’intérêt élevés, difficilement supportables pour des entreprises à faibles marges, et face au classement des très petites entreprises par les banques comme étant à haut risque, ce qui les exclut de fait des circuits formels de financement.
Elle souligne que l’écrasante majorité des très petites entreprises marocaines — représentant 98,4 % du tissu entrepreneurial — ne dispose ni des ressources financières ni des capacités structurelles pour satisfaire les critères requis, que ce soit pour accéder aux prêts ou pour répondre aux conditions du nouveau Fonds d’investissement, qui impose un minimum d’un million de dirhams d’investissement pour bénéficier de l’appui. Ces déclarations ont ainsi provoqué une vive stupeur.
Enfin, la Confédération affirme que le discours du Chef du gouvernement a laissé un goût amer auprès des dirigeants de très petites entreprises et des jeunes entrepreneurs. En affirmant devant la presse qu’il est « facile » pour une très petite entreprise d’obtenir un financement bancaire pour investir dans les régions, puis d’accéder à ce nouveau soutien, il a, selon elle, témoigné d’une méconnaissance totale de la réalité économique et sociale vécue quotidiennement par les petits entrepreneurs et les jeunes porteurs de projets.
