L’étude Global Cooling Watch 2025, publiée lundi par le PNUE en marge de la COP30 à Belém, au Brésil, révèle que « la demande en climatisation pourrait plus que tripler d’ici 2050 si les tendances actuelles se maintiennent. »
Cette augmentation « serait due à la croissance démographique et à l’accroissement des richesses, à la multiplication des épisodes de chaleur extrême et à l’accès croissant des ménages à faibles revenus à des systèmes de refroidissement plus polluants et moins performants », souligne l’organisation.
En conséquence, les émissions de gaz à effet de serre liées à la climatisation « doubleraient presque (en 2050) par rapport aux niveaux de 2022, atteignant environ 7,2 milliards de tonnes d’équivalent CO2 d’ici 2050 », prévoit le PNUE.
Pourtant, « face à la multiplication et à l’intensification des vagues de chaleur meurtrières, l’accès au refroidissement doit être considéré comme une infrastructure essentielle au même titre que l’eau, l’énergie et l’assainissement », a souligné dans un communiqué Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE.
Mais la climatisation à elle seule « ne suffira pas à résoudre la crise de la chaleur, car elle entraînerait une hausse des émissions de gaz à effet de serre et une augmentation des coûts ».
Ainsi, l’organisation recommande la généralisation de l’adoption de solutions dites « passives », comme l’occultation du soleil, les ventilations manuelles, la végétalisation ou une meilleure isolation, voire d’autres solutions telles que « le refroidissement basse consommation et le refroidissement hybride (combinant ventilateurs et climatiseurs à faible ou sans consommation d’énergie) »
Ces solutions « économes en énergie et fondées sur la nature peuvent contribuer à répondre à nos besoins croissants en refroidissement et à protéger les populations, les chaînes alimentaires et les économies des effets néfastes de la chaleur, tout en poursuivant les objectifs climatiques mondiaux », a poursuivi Mme Andersen.
Près des deux tiers des réductions d’émissions possibles « proviennent de solutions passives et à faible consommation d’énergie, ce qui souligne l’urgence de les intégrer aux politiques nationales et à la planification urbaine », insiste le PNUE.
Elles permettraient selon l’organisation d‘ »améliorer l’accès au refroidissement pour trois milliards de personnes supplémentaires d’ici 2050″, dont les personnes vulnérables et à faible revenu, mais aussi « d’économiser 17.000 milliards de dollars en coûts énergétiques cumulés d’ici 2050 ».
La fondation ClimateWorks estime à trois milliards le nombre de nouveaux climatiseurs qui seront vendus dans le monde entre 2025 et 2050.
