Parlement : accusé de retarder des projets d'investissements, Karim Zidane réplique

La Commission des finances et du développement économique à la Chambre des représentants a connu un vif échange mercredi entre le ministre délégué chargé de l’Investissement, de la Convergence et de l’Évaluation des politiques publiques, Karim Zidane, et le député Aziz Lebbar, membre du groupe du PAM, au sujet des délais de réponse aux projets d’investissement.

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En réponse aux députés lors de l’examen du budget sectoriel de son département, mercredi, le ministre a jugé « largement exagéré » le chiffre de 400 jours évoqué par une députée, estimant qu’il s’agissait d’une accusation infondée à l’encontre de l’institution.

Le ministre a mis les élus au défi de présenter des preuves démontrant qu’un projet d’investissement remplissant toutes les conditions légales aurait effectivement nécessité 400 jours pour obtenir une réponse, assurant qu’il présenterait sa démission si cela s’avérait vrai.

Le député Aziz Lebbar l’a aussitôt interrompu, affirmant que le cas existait bien. Zidane lui a alors rétorqué : « Vous regardez les choses de votre point de vue d’investisseur, vous voulez que tout soit mis à votre disposition sans le moindre effort, et que toutes les procédures soient simplifiées pour investir où bon vous semble, mais l’État a ses lois. »

“Nous voulons un Maroc qui respecte la loi, avec des députés et des responsables qui s’engagent à l’appliquer”

Karim Zidane, ministre délégué chargé de l’Investissement

Le ministre a appelé le député à lui présenter des excuses officielles si ses propos s’avéraient inexacts, rappelant que « l’intérêt général doit primer sur toute considération personnelle ».

Et d’ajouter : « Il faut écarter les intérêts particuliers. Il n’est pas possible que chacun veuille implanter son projet n’importe où et de n’importe quelle manière, tout en exigeant de l’État qu’il y consente. Nous voulons un Maroc qui respecte la loi, avec des députés et des responsables qui s’engagent à l’appliquer. »

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Dans sa réplique aux interventions des parlementaires, Zidane a reconnu que certaines remarques étaient « constructives et dignes d’intérêt », tandis que d’autres relevaient d’une « quasi-négation ». Il a insisté sur le fait que les députés, en tant que représentants de la Nation, ne devraient pas chercher à « détruire un travail qui avance dans la bonne direction », précisant qu’il restait ouvert à toutes les observations et répondait à toutes les sollicitations sans exception ni discrimination.

Il a affirmé que son ministère ne refusait pas les investissements ni ne bloquait les projets, mais veillait à leur conformité avec la loi ainsi qu’avec les normes techniques et environnementales. Et de conclure : « Est-il logique de construire un projet devant les maisons des citoyens sans respecter les normes ? Ce n’est pas le Maroc auquel nous aspirons. Nous voulons un pays où la loi s’applique à tous, sans exception. »

Enfin, le ministre a invité les députés à contribuer à une évaluation objective : « Critiquer pour critiquer n’est pas responsable. Je propose la création d’une commission composée de membres de chaque groupe parlementaire : allons ensemble sur le terrain constater l’état d’avancement des projets d’investissement. »