Driss Sentissi, chef du groupe haraki, a ouvert la séance sur un ton ironique : « Le gouvernement est là, l’opposition est là… mais où est la majorité ? ».
“Le gouvernement est là, l’opposition est là… mais où est la majorité ?”
Trois députés du Parti de l’Istiqlal ont aussitôt levé la main pour signaler leur présence, mais Sentissi a répliqué : « Même si l’on comptait quatre députés pour chacun de vous, où sont les autres ? »
Le député a dénoncé une situation « absurde » où la commission discute « le budget du secteur le plus important du pays, générateur de recettes et organisateur du travail économique », dans une salle presque vide. Il s’est également insurgé contre la programmation de huit réunions de commissions au même moment, y voyant « une manière précipitée » d’aborder la loi de finances : « On veut examiner ce texte en trois jours, alors que le règlement accorde un mois entier au Parlement pour le faire. »
De son côté, Saad Belfqih (Parti de l’Istiqlal) a rappelé que, par tradition, les autres commissions entament leurs travaux après la fin de celle des finances. Selon lui, la tenue simultanée de toutes les réunions constitue « une catastrophe », car elle empêche les parlementaires d’assister aux autres séances.
Prenant la parole à son tour, Abdellah Bouanou, président du groupe parlementaire du Parti de la Justice et du Développement, a exprimé son malaise devant le contraste entre l’affluence des cadres du ministère et la faible présence des élus : « Ce qui me peine, c’est de voir les cadres du ministère présents en masse, alors que nous sommes si peu pour discuter du budget de leur département. »
Bouanou a demandé à la présidente de la commission, Zeina Chaïm, d’interpeller les députés de la majorité : « Vous appartenez au parti qui dirige le gouvernement ; par respect pour ces cadres, envoyez au moins un message aux élus de la majorité pour les informer que la réunion a commencé. » La présidente lui a répondu brièvement : « C’est déjà fait. »
