Les cultures illicites de cannabis reculent de 85% au Maroc

Le Maroc a connu une chute spectaculaire des superficies consacrées à la culture illégale du cannabis. Selon le rapport sur les réalisations du ministère de l'Intérieur pour l'exercice 2025, ces superficies sont passées d'environ 134 000 hectares en 2003 à 20 627 hectares en 2025, soit une baisse de 85 %.

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Jose Luis Sanchez Pereyra / Unsplash

Ce recul s’inscrit dans le cadre de la politique de réduction de l’offre et de mise en œuvre de la loi n°13-21, relative aux usages licites du cannabis, qui vise à encourager la culture légale et contrôlée de cette plante.

Selon Hespress, le ministère souligne veiller à ce qu’aucun produit issu du cannabis ne soit détourné vers des usages illicites, garantissant ainsi une application rigoureuse et efficace de la loi. Parallèlement, il poursuit ses efforts pour contenir la demande à travers la lutte contre le trafic et la promotion des stupéfiants non autorisés.

Saisies massives et renforcement de la sécurité

En 2024, les services de sécurité ont saisi plus de 344 tonnes de résine de cannabis (chira), 112 tonnes de plantes de kif, 2,5 tonnes de cocaïne, 17 kg d’héroïne et plus de 1,5 million de comprimés psychotropes. Jusqu’à août 2025, ces chiffres ont déjà atteint 385 tonnes de chira, 61 tonnes de kif, 788 kg de cocaïne, 1 kg d’héroïne et près de 1,26 million de comprimés psychotropes.

Ces opérations ont permis de démanteler un nombre important de réseaux criminels et de saisir des moyens de transport utilisés dans le trafic, allant des camions et véhicules légers aux embarcations maritimes et jet-skis. Le ministère indique avoir renforcé les capacités des forces de l’ordre grâce à des formations continues et à l’échange d’expériences pour faire face aux nouvelles formes de drogues, y compris celles non encore soumises au contrôle international.

Surveillance accrue et lutte contre les drogues psychotropes

La surveillance a été intensifiée sur les côtes et les frontières terrestres pour contrer les tentatives de trafic international, tandis que les postes frontaliers ont été équipés de technologies de détection plus avancées. Le ministère accorde une attention particulière aux comprimés psychotropes, en raison de leurs effets dévastateurs sur la santé publique et la stabilité sociale, notamment parmi les jeunes.

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Sensibilisation et accompagnement

Au-delà des mesures répressives, le rapport insiste sur l’importance des actions préventives et de sensibilisation. Le ministère, en coordination avec les autres acteurs concernés, veille à la surveillance de toutes les catégories de substances psychoactives, y compris les drogues nouvelles.

Parmi les initiatives adoptées figurent le renforcement de la lutte contre les réseaux actifs autour des établissements scolaires, la mobilisation des associations de la société civile pour sensibiliser les jeunes, ainsi qu’une approche qui considère le consommateur comme une victime nécessitant un accompagnement thérapeutique et social au sein de centres spécialisés.