Financement des PME : le DG de BAM plaide pour le développement de systèmes de garantie solides

Le directeur général de Bank Al-Maghrib (BAM), Abderrahim Bouazza, a plaidé, lundi à Casablanca, pour le développement de systèmes de garantie solides et la réduction de l’asymétrie de l’information, pour faciliter l’accès au financement des petites et moyennes entreprises (PME) africaines.

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Abderrahim Bouazza, directeur général de Bank Al-Maghrib, le 28 novembre 2024. Crédit: BAM

S’exprimant lors d’un panel sur le financement des entreprises en croissance dans le cadre de l’Africa Financial Summit (AFIS-2025), Bouazza a insisté sur la nécessité de développer les bases de données et les centrales d’information sur les comportements de paiement, les incidents et les bilans financiers pour réduire l’asymétrie informationnelle entre banques et entreprises.

Ainsi, il a mis l’accent sur l’urgence de diversifier les instruments de marché, notamment le marché obligataire, et de concrétiser l’intégration des bourses de valeurs africaines pour créer un marché de capitaux régional.

Rappelant que le financement de l’économie marocaine repose à 90% sur le système bancaire, il a indiqué que le Maroc dispose aujourd’hui d’un système de garantie unifié géré par Tamwilcom, dont les engagements atteignent environ 6% du PIB.

Pour sa part, Moncef Belkhayat, président du groupe Buildings & Logistic Services (BLS), a appelé à un « changement radical de culture » entrepreneuriale en Afrique, exhortant les chefs d’entreprises à privilégier la transparence fiscale plutôt que l’optimisation à court terme pour accéder aux financements des fonds de private equity.

Pour Belkhayat, il est impératif de « payer le plus d’impôts possible » plutôt que de chercher à optimiser, expliquant que cette stratégie permet de bonifier les bilans et d’attirer les investisseurs institutionnels.

De son côté, le directeur régional pour l’Afrique de l’Ouest à la Société financière internationale (IFC), Olivier Buyoya, a identifié les défis majeurs empêchant l’accès au financement des petites entreprises africaines, notamment les niveaux de risque élevés et le manque de formalisation.

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Buyoya a toutefois exprimé son optimisme quant aux solutions émergentes basées sur les données et la technologie, citant l’exemple de l’utilisation des données provenant des compagnies de télécommunications et d’électricité pour reconstituer une information financière permettant d’évaluer la viabilité des entreprises informelles.

Le représentant de l’IFC a précisé que l’institution travaille avec plusieurs partenaires en Afrique, pour accélérer l’utilisation de ces technologies innovantes et dérisquer les secteurs traditionnellement exclus du financement formel, facilitant ainsi les opérations de prêts, de participations en capital et le déploiement de fonds dans la région.

Organisée sous le thème « Notre capital, notre puissance : libérons la souveraineté financière de l’Afrique », cette édition 2025 de l’AFIS réunit à Casablanca plus de 1.250 dirigeants de l’écosystème financier africain, dont des banquiers de premier plan, des assureurs, des fondateurs de Fintech et des régulateurs d’Afrique et du monde entier, pour discuter des stratégies permettant de mobiliser l’épargne et les capitaux locaux au service du développement du continent.

Co-organisé par le Groupe Jeune Afrique Media et l’IFC-Banque mondiale, le sommet vise à transformer les idées visionnaires en plans d’action concrets pour relever les défis majeurs du secteur financier africain.

(avec MAP)