Mon pays n’a pas participé au vote sur ce projet de résolution portant le renouvellement du mandat de la Minurso pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (sic)”, a commencé l’ambassadeur algérien aux Nations Unies, Amar Bendjama.
L’Algérie s’est abstenue par le vote, mais pas par la parole. Citant le président états-unien Woodrow Wilson sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, rappelant son attachement à la Charte des Nations Unies que la résolution bafouerait en négligeant une situation “coloniale”, elle n’en a pas moins épargné les États-Unis, pourtant porte-plume de cette résolution.
“Je tiens à remercier le porte-plume, les États-Unis, qui, contrairement à l’année dernière, n’a pas ménagé ses effort pour dégager un compromis entre les parties prenantes. Bien sûr, nous le reconnaissons ouvertement, des améliorations substantielles ont été apportées au texte initial. D’abord en rappelant les paramètres fondamentaux d’une solution juste et durable au conflit du Sahara occidental (sic). Ensuite, en consacrant le droit inaliénable du peuple du Sahara occidental (sic) à l’autodétermination. Enfin, en engageant les deux parties : le Royaume du Maroc et le Front Polisario (s’oubliant elle-même comme partie au conflit, ndlr) dans des négociations de bonne foi et sans conditions préalables sous l’égide des Nations Unies”, a-t-il déclaré.
Mais l’Algérie a tout de même refusé de prendre part au vote. La faute, selon son représentant aux Nations Unies, à un “cadre étriqué de la négociation proposée”. Car ledit cadre sur lequel se sont prononcés les membres du Conseil de sécurité est le projet d’autonomie du Sahara proposé par le Maroc.
Selon Amar Bendjama, ce cadre, excluant les offres et la position du Front Polisario, “met en avant une option par rapport aux autres, empêche la créativité et la flexibilité nécessaire de se déployer pour faire aboutir un accord librement consenti.”
Contredisant mot pour mot son homologue états-unien, Amar Bendjama affirme que “cette résolution ne crée pas encore le momentum” pour la résolution du conflit, bien qu’il insiste sur son soutien à la paix que Donald Trump a initiée, qui a “suscité intérêt et espoir”.
