Bachir Ben Barka : “L’affaire Mehdi Ben Barka est un exemple des mécanismes de disparition forcée”

Soixante ans après l’enlèvement et l’assassinat de Mehdi Ben Barka, son fils, Bachir, dénonce l’inertie judiciaire et le silence persistant des autorités marocaines face aux demandes de vérité et de justice.

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Bachir Ben Barka, fils de Mehdi Ben Barka.

Nous nous réunissons ici, une fois encore, à l’occasion de la Journée du disparu, pour exiger la vérité sur le sort de nos proches, réclamer la justice à leur égard, et réaffirmer notre détermination à lutter contre l’impunité dont continuent de jouir les responsables des disparitions forcées », a déclaré Bachir Ben Barka à l’occasion de la Journée nationale du disparu célébrée le 29 octobre, qui coïncide cette année avec le 60ᵉ anniversaire de l’enlèvement et de l’assassinat du dirigeant politique Mehdi Ben Barka (29 octobre 1965), et le 53ᵉ anniversaire de la disparition du militant Hussein Manouzi (29 octobre 1972).

Bachir Ben Barka a souligné que « cette affaire constitue un exemple des mécanismes de disparition forcée, avec tout ce qu’elle comporte de secrets, de manipulations de l’opinion publique et d’obstacles au bon fonctionnement de la justice ». Il a ajouté que « ces entraves à la recherche de la vérité favorisent la répétition de récits déformés, sans preuve, et la fabrication d’accusations infamantes destinées à ternir la mémoire de Mehdi Ben Barka ».

Il a relevé que « depuis notre rassemblement de l’an dernier, aucun progrès n’a été accompli dans le dossier judiciaire, toujours en cours d’instruction à Paris », précisant que « le seul élément encourageant dans cette affaire est la nomination d’une nouvelle juge, déterminée à faire avancer le dossier ».

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Dans le discours lu par un ami de la famille, il a encore rappelé que « depuis plus de vingt ans, les autorités judiciaires marocaines n’ont toujours pas répondu aux demandes de commission rogatoire internationale, alors que nous sommes convaincus que leur exécution contribuerait largement à la manifestation de la vérité ».

Il a enfin insisté sur le fait que « les fouilles dans le centre de détention secret PF3 pourraient permettre de confirmer la présence des corps de trois des quatre criminels français impliqués dans le crime et, selon certaines informations, la possibilité que la tête de Mehdi Ben Barka y soit également enterrée », ajoutant qu’« aucune réponse n’a été donnée à la lettre ouverte qu’il avait envoyée le 29 octobre 2024 ».